Orai. III
solée^ maïs contente, et porter toute fatigue pour l'honneur de Dieu, votre salut et le mien. Souvenezvous que vous avez agi ainsi pour les biens temporels, lorsque vos fils vous ont quittée afin d'acquérir des richesses ; maintenant c'est afin d acquérir la vie étemelle et la peine vous parait si lourde que vous vous dites prête à vous éteindre, si je ne vous réponds pas tout de suite. Il en est ainsi parce que vous aimez plus la partie de mon être que j'ai tirée de vous, que celle que j'ai tirée de Dieu, c'est-à-dire votre chair dont vous m'avez revêtue... Elevez un peu votre cœur etvotre affection jusqu'à cette douce et sainte Croix où s'évanouit toute fatigue... Consentez à porter un peu de peine finie, afin de fuir la peine infinie que nous méritons par nos péchés. Consolez- vous par l'amour du Christ crucifié et ne croyez être abandonnée ni de Dieu, ni de moi... Votre peine n'a pas été aussi grande que le sera votre joie *. »
Grande fut aussi la joie de Catherine, quand elle quitta Gênes après plus d'un mois de séjour. Malgré l'hospitalité paternelle des Bénédictin*^ de Saint- Fructueux et le prix que ceux de Cervaja attachaient à ses conseils, elle ne fit que passer dans leurs monastères •.
Les autres étapes furent trop rapides pour qu'on en gardât mémoire. Elle était si pressée de rentrer à Sienne qu'elle s'y trouvait déjà, alors que le pape