Of.p. 291, note
son départ de Corneto et renoua des négociations avec les cités rebelles.
Quand le Souverain Pontife, remontant le Tibre sur de magnifiques galères, débarqua enfin à Rome au milieu des acclamations, Catherine, cachée au fond de sa cellule, se dissimulait à tous les regards. Peut-être aurait-elle accompagné Grégoire si, comme elle le lui conseillait, il était entré à Rome en apôtre, la croix à la main; mais la Sainte n'avait point sa place au milieu des 2000 lances commandées par Raymond de Turenne et de la pompe laïque et ecclésiastique qui environnait le Pontife. Cependant le nomdel'humble fille domina tout, et quiconque employait son pinceau ou salyreà célébrer le retour du pape dans la ville des apôtres, plaçait auprès de Grégoire XI celle qui Py avait en quelque sorte ramené malgré lui, la Tertiaire dominicaine Catherine de Sienne *.
Les efforts de la jeune apôtj'e ne tendaient point, comme ceux des poètes italiens, à la seule réalisation d'un idéal patriotique ; elle ne poursuivait pas non plus le rétablissement de la souveraineté universelle des papes rêvée par certains politiques; elle reconduisait Grégoire à Rome parce que en 1376 ce retour importait au règne du Vicaire de Jésus-Christ sur les âmes.
Le premier pas dans la voie de la vérité aurait-il pour la paix de l'Italie, l'équilibre de l'Europe, la réforme de l'Eglise, lapureté delà foi et des mœurs, la conversion des infidèles, les conséquences que
l.Lettere252, 101, 177, 181.
logiquement on pouvait espérer ? Docile aux conseils du Christ, transmis par Catherine, Grégoire deviendrait-il cetévêque de la chrétienté entière, dont le pape dominicain Benoît XI, enlevé par la mort avant l'heure d'agir, avait tracé le magnifique portrait * ? C'était le secret de la Providence, que l'avenir manifesterait. Les Français s'affligeaient ; les Italiens étaient dans la joie. Princes et Républiques, pressés par l'intérêt général ou poussés par l'égoïsme , négociaient moins qu'ils n'intriguaient. Attentive à comprendre, ardente à prier, constante en son sacrifice, Catherine se tut. Aux pieds du Christ, dans l'union intense au [sang versé sur la croix, elle attendit.