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Lettera

SAIKTE CATHEHISE.

de Catherine, passant sur ses lèvres, lui rendait des forces physiques et morales ; sa mère parlait, il accourut. « Tu viens, puis tu pars, comme un oiseau effarouché, lui dit la Bienheureuse ; pourtant un jour je te mettrai au cou de tels liens, que tu ne pourras plus t'envoler. » A ces mots, Lisa et Alexia qui se trouvaient dans la chambre, sourirent tristement. Les éternelles fluctuations du jeune seigneur entre le bien et le mal leur faisaient croire qu'il n'y avait pas de liens assez forts pour Penchaîner. Catherine se tourna vers elles : a. ?>i'ayez point souci de lui, mes sœurs, il ne peut m'échapper; quand il me croira loin, c'est aIoi*s qu'il sentira mon joug. » A partir de cette heure, le salut de Malavolti, dont parfois on pouvait douter, n'inspira plus aucune inquiétude.

Catherine rapportait d'Avignon l'autorisation pontificale de dresser un autel dans sa maison et d'y faire célébrer la sainte messe. Ce privilège devait lui faciliter Tusage de l'Eucharistie ; elle obtint que ses disciples pussent communier avec elle, et le foyer d'amour autour duquel se reforma leur groupe fut le Saint Sacrement. iN'avait-il pas toujours été la cause de l'union entre Catherine et le Christ ? Jadis Lapa, entraînée par un mouvement de foi, non sans exemple chez les mères en Italie, portait sans doute sa lille, encore incapable de marcher, au banquet de Olui qui appelle les petits enfants * ; ce

1. Coutume encore tolérée par le Saint-Siège dans quelques pays. Les documenta manquent sur la première communion de Catherine ; il n'y a pas lieu de s'en étonner, car les Italiens la font individuellement et sans aucune solennité.

SES RAPPORTS AVEC l'oRDRE DE SAINT DOMIMQUE 363

ne pouvait être qu'une communion matérielle; mais quand la raison de Catherine s'éveilla, quand elle comprit ce qu'était TEucharistie, son cœur s'éprit d'amour pour le corps et le sang divins. Enfin, lorsque son Maître la renvoya au milieu du siècle, cet amour, excité encore par la persécution, fut récompensé par des apparitions du Christ en TEucharistie, d'abord sous des symboles, ensuite sous une forme purement intellectuelle *. La communion hebdomadaire avait été le trait saillant de la règle qu'elle donnait à ses disciples en un temps où les fidèles, réguliers comme séculiers, perdaient la coutume de fréquenter souvent la table sacrée. A mesure que l'apostolat de la Dominicaine s'était étendu, le pain eucharistique multipliait sa vertu pour elle et pour ceux qu'elle évangélisait ; maintenant, c'était grâce au sacrement reçu avec elle que tous ses disciples participaient à la « lumière d'amour j> manifestée par saint Dominique. Déjà cette lumière fécondait leur vie, déjà elle dirigeait leur apostolat vers la défense du Saint-Siège, désormais elle développerait leurs rapports intimes avec Jésus-Christ.

Les plus anciens, les plus zélés disciples de Catherine, les plus aptes aussi à comprendre ses leçons, les Frères Prêcheurs de Camporeggi, quittaient à Tenvi leur église pour se faire les aumôniers de la chapelle ^ préparée et ornée"par la Sainte. L'accent avec lequel Catherine dit un jour au

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