‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 162 sur 282 · Lett · texte numérisé non relu

Lett

Il*

« J'ai demandé à Dieu do me dc^livrer de la gourmandise, qui est incompatible avec la pureté, disait-elle gaiement, je le prie de me punir dès cette vie de mes gourmandises passées; acceptons le châtiment; évitons de scandaliser ceux qui croient mon jeûne Tœuvre du démon. Par ces souffrances je suis ramenée à mes facultés naturelles. Si j'étais trop absorbée, mon corps succomberait. Faisons justice de cette misérable pécheresse ! » Lui proposait-on d'appeler un médecin pour la guérir de ses maux, elle refusait en souriant : « Mon Seigneur Jésus- Christ, que je tiens étroitement uni à mon âme, me guérira quand il voudra, répétait-elle avec sainte Agathe : il peut me rendre la santé par un seul ordre de sa toute-puissance. »

La santé de Catherine, qui appelait toutes les dispenses, ne servait de prétexte à aucune. Comme aux premiers jours de sa profession, elle ne manquait jamais d'assister à Tofficc*, joignant de plus en plus aux paroles le don intime de soi, sans lequel il n'est point de prière : a II ne suffit pas, disait-elle, de réciter un nombre considérable de patenôtres *. » Dieu avait cette fidélité pour agréable ; c'était presque toujours durant l'office qu'il accordait à sa servante des grâces miraculeuses. Un matin, l'extase insensibilisa les membres de Catherine, et le oierge allumé qu'elle tenait à la main, sans doute pour une prise d'habit, glissa

1 . Même aux pins mondains de ses disciples elle conseillait la récitation de l'Office de la sainte Vierge. Lett. 2ô8.

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