Lett6re
Obtenir une bulle du pape pour autoriser la fondation n'avait offert aucune difficulté : Grégoire accordait volontiers des grâces à sa conseillère, mais il fallut l'aveu de la République, sans lequel on ne pouvait aliéner dos lieux fortifiés. La citoyenne siennoise montra que les remparts do Belcaro étaient démantelés *. Ensuite on prépara tout pour la réception des Dominicaines du grand Ordre *.
Les Sœurs de la Pénitence trouv^rent que travailler au service des cloîtrées était un honneur <?t une joie; malgré les rigueurs d'un hiver exceptionnellement froid, elles disputèrent aux disciples et aux Frères Prêcheurs le privilège d'accompagner Catherine et de parcourir à pied avec ello les trois milles qui séparent sa maison de son domaine. Cheminant ensemble, on s'entretenaitdc Dieu. Le plus souvent Catherine marchait seule en ligne droite sans tenir compte d'aucun obstacle. Quand l'orage emportait les ponts, elle courait sur les eaux de la rivière et passait la Tressa, sourde aux cris de ses disciples. Les bui.ssons ne l'arrêtaient pas davantage. Vn jour qu'elle s'engageait ainsi dans l'épais fourré qui défend l'approche de Belcaro, Pierre Ventura, voulant la suivre, se creva un œil. « Ma mère, cria-t-il, secourez-moi. » Néri et Etienne eurent grand'peine à rejoindre Catherine, à la ramener près du blessé
1. On trouve aux archives de Sienne, vol. CXCr, f . 8 et • des Consigli délia campana, la demande de Catmna Domine Lape dé contraia Frontit Brandi aux Défensears du peuple, en date du 25 janvier 1377, ainsi que nous avons pu le vérifier sur le tableau des indictions,
2. Elles paraissent avoir été données par le monastère de Sainte-Agnès, mais aucun document ne le prouve.