‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 174 sur 282 · Sappl. II · texte numérisé non relu

Sappl. II

Ainsi désignée à l'attention du pays, Catherine fut jetée dans l'apostolat nouveau, auquel Marie-Magdeleineet Agnès l'initiaient : lapostolat essentiellement dominicain de réconcilier les hommes, en faisant du Dieu d'amour leur chef et leur lien.

Non loin de Montepulciano, à Castiglioncello, vivait Gione , cadet de 1" illustre maison des Salimbeni. Les Salimbeni étaient si puissants, que parfois, ils l'avaient prouvé en 1368, ils pouvaient soutenir ou renverser la Seigneurie; ils étaient si nombreux, que leurs rejetons, comparés par les poMes aux chênes de la forêt, donnaient l'exemple de tous les vices, comme celui de toutes les vertus ; ils étaient si riches, qu'ils possédaient une partie considérable du territoire siennois, et Ton se fût étonné de voir Cione guerroyer contre le chef de sa famille pour quelques misérables terres, si Ton n'avait pas attribué leurs dissentiments à une cause plus ancienne et plus profonde. Pour venger la mort d'un des siens, Cione s'était prononcé contre le parti populaire, auquel son cousin donnait un appui, récompensé par des restitutions de forteresses * , et les Réformateurs de Sienne mettaient tous leurs soins à entretenir le désaccord parmi ces nobles *. Docile à Catherine, la femme du maître de Castiglioncello ne cherchait dans la richesse qu'une source d'aumônes, elle ne trouvait dans les grandeurs qu'une raison particulière de s'abaisser devant Dieu, de s'incliner, avec

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