Lett
3. Noos croyons que la lettre à Grégoire XI était celle que nous indiquons, mais ce n'est point spécifié dans la déposition de Malavolti, au Procès de Canonisation, d'où est tiré ce récit ; il ne dit pas non plus à qui il écrivait lui-même. La lettre à Barnabe Visconti est perdue. •
40i SAINTE CATHERINE DE SIENNE
Catherine qui déjà était séparée de sa Mère et de ses compagnes, demeurées les unes au couvent de Montepulciano, les autres dans diverses villes du territoire, dut encore renoncer, non plus pour quelques jours, mais pour un temps illimité, à son meilleur auxiliaire et à son confesseur.
Trois Florentins du parti guelfe restés sous Tinfluence de Tambassadrice, qu'ils avaient accréditée auprès du pape: Soderini, Canigiani et Altoviti, étaient venus à Sienne la solliciter de reprendre les négociations récemment rompues par le mauvais vouloir des Huit. Raymond de Capoue les avait reçus, et la Sainte renvoyait avec eux à Florence Etienne Maconi. Grégoire XI, mécontent de Catherine, ne lui répondait plus, il fallait donc entre eux un intermédiaire, qui pût non seulement remettre des écrits secrets concernant les intérêts de l'Eglise, tels que Catherine les discernait sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, mais encore fortifier la faiblesse du timide Grégoire. Le P. Raymond était indiqué comme cet intermédiaire ; la Sainte le fit partir pour Rome et se sépara à la fois de son père spirituel et de son disciple préféré*. Elle donnait; Dieu rendit en exauçant une prière qu'elle lui adressait depuis longtemps.
La Bienheureuse désirait savoir écrire ; pendant le court repos qu'elle prit après le départ de ses compagnons, saint Jean TÉvangéliste et saint Thomas d'Aquin lui apparurent, et lui enseignèrent cet art instantanément, sans travail ni préparation.