‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 186 sur 282 · Lettere · texte numérisé non relu

Lettere

qu'on entrave, après l'avoir sollicitée. Surlemoment de son retour à Sienne, Catherine ne laisse planer aucune équivoque. Malgré l'humilité, sincère jusqu'à l'évidence même pour des esprits prévenus, qui la porte à reconnaître sa faiblesse, son imperfection, son inutilité, et lui fait tourner ses phrases de manière à se placer dans les coupables et non parmi les apôtres, on voit en elle l'inspiration directe de TEsprit-Saint : ainsi que les prophètes, Catherine se sent poussée au travers de tout obstacle, droit oîi la veut le Seigneur. «Les soupçons conçus, écrit-elle, sont une injustice ; artisan de son art, le groupe apostolique se borne à semer la parole divine et à en recueillir le fruit dans les âmes. » L'aveuglement, l'ingratitude de ses compatriotes n'empêcheront point Catherine de donner mille fois, s'il le faut, sa vie pour eux ; elle les aime bien plus qu'ils ne s'aiment eux-mêmes, car volontiers elle se sacrifie à leur salut, qu'ils négligent, et elle aime la paix de l'Etat. Cela posé, elle avertit que Dieu pardonne tout, plutôt que l'injure jetée à ses serviteurs ; aussi, à l'exemple de saint Paul, dont elle emprunte le langage, elle se hâte de bénir le monde qui la maudit, ajoutant avec une expression plus forte encore que celle de saint Jean : c la vérité, voilà ce qui nous délivrera * ! »

L'un des plus âgés d'entre les disciples, Pierre Ventura, fut chargé de cette lettre, oîi la douleur et l'amour, disait Catherine, multipliaient les paroles, et il dut la porter avec des explications à la Sei-

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