‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 187 sur 282 · Joann. viir · texte numérisé non relu

Joann. viir

gïieurie. Le jeudi, jour unique d'audience, il parut donc au cœur même de la ville, sur cette place ciel Campo, véritable forum dominé parle palais public, au-dessus duquel s'élève la célèbre tour del Mangia. Entrant dans Tédifice ogival que le xiv» siècle voyait achever, introduit sous les voûtes de la grande salle décorée de fresques, le messager se trouva en présence des seigneufs, élus pour deux mois, qui logés, nourris, chauffés, servis et rétribués parTEtat, étaient cependant des sortes de prisonniers auxquels les plus graves événements de famille donnaient seuls le droit de sortir ou de s'entretenir de choses étrangères au service de la République * . Pierre Ventura remit la lettre dont une phrase résumait l'objet : « J'irai, je viendrai, écrivait Catherine, selon ce que l'Esprit de Dieu m'inspirera * ! » Méditant ces paroles, les Réformateurs regrettèrent de ne pouvoir abolir les droits de la sainteté, comme ils avaient aboli les privilèges de la noblesse.

Une dernière fois le groupe apostolique retourna au château de la Roche ; enfin, après une absence d'environ quatre mois , il reprit le chemin de Sienne. Parmi les Salimbeni et sur tout le territoire de Montepulciano régnait la concorde. Selon son admirable parole, la Sainte avait pacifié les esprits en les initiant à l'amour.

1. Falleti-Fossati, 143151. — Lett. 95, 121 ; dans certaines éditions, ces lettres précèdent celle que nous avons citée p. 413, 414, mais il est évident qu'elles sont postérieures. Ni Aide, ni Gigli, ni même Tommaseo [Bibuograpbib A, 2«, ()0, 10] n'ont pris soin d'établir nn ordre chronologique.

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