‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 188 sur 282 · L6tt · texte numérisé non relu

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Dès la rentrée de Catherine à Fontebranda, les disciples restés loin d'elle remarquèrent, comme l'avaient fait à la Roche ceux qui raccompagnaient, l'expression nouvelle de ce visage aimé : l'expression donnée par l'imagination chrétienne à l'adorable figure du Christ après l'agonie. Victime volontaire, la Sainte s'était chargée de Tiniquilé humaine, et son corps restait brisé sous les coups de la justice divine. Ressentant l'abandon deDieu, elle avait invité des disciples prodigues en promesses à partager sa prière et sa veille ; impatients d'agir au dehors, la plupart ne s'étaient point recueillis près d'elle, et l'amertume de l'isolement laissait sa trace sur Catherine. Ceux-là mêmes pour qui elle expiait : le souverain pontife, le clergé, ses concitoyens, la calomniaient, et le regard qui avait exprimé au ciel toutes les souffrances terrestres, passait maintenant au delà des choses, cherchant le Calvaire» avec cette volonté passionnée du sacrifice, seule preuve indéniable de l'amour.

On ne craignit plus que la citoyenne de la République osât préférer les chevaliers au peuple, ou qu'instruite à l'école de saint Thomas d'Aquin, elle regardât la monarchie comme un régime désirable; on reconnut qu'à ses yeux la forme du gouvernement restait un détail sans importance, c laissé, disait-elle, aux mœurs et aux coutumes des pays. > Les Siennois sincères voyaient par quelle politique Catherine désarmait et unissait les hommes : elle rétablissait l'ordre et l'amour sur la terre par l'avènement du règne de Dieu, et on se demanda si Ton garderait longtemps la chère Sainte, car sa politique,

la politique du Christ, a pour seul instrument la croix, sur laquelle on ne triomphe qu'en se donnant sans mesure et jusqu'à la mort.

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