ÉMEUTES DE FLORENCE
nu proplieta quidem, dlTiaaflamiiM plan». Et paceni et bellun sécréta plarinu paaJil.
PlUS II, AD LAUDBM B. GATHARIICvK.
Catherine ambaseadrice da souverain pontife à Florence. — Ses rapports avec les Guelfes. — Elle fait observer Tinterdit. — Mort de Grégoire XI. — Troubles civils. — Attitude de Catherine devant les assassins . ^ Les Ciompi. — Signature de la paix. — Retour de la Sainte dans la Fraternité des Tertiaires de Sienne.
Un ordre auquel Catherine n'était point préparée Tattendait à Sienne. Les Guelfes florentins tentaient de reprendre les négociations avec le Saint-Siège, et soit que le pape partageât les espérances de Soderini, soit que, découragé de la politique mondaine des légats, il supposât plus efficace la médiation d'une sainte inspirée par l'Esprit divin, il avait, au début de Tannée 1378, mandé le P. Raymond : « On m'écrit, lui dit-il, que si Catherine de Sienne se rend à Florence, on négociera la paix. — Catherine, nous tous, nous sommes à la dévotion de Votre Sainteté, s'écria le Prieur de la Minerve, et jusqu'au
martyre ! » Cette parole n'était point sans courage, quand on avait vu la République écarteler les moines, les enterrer vivants, tenailler, égorger les inquisiteurs, quand en ce moment même l'envoyé de Catherine aux Florentins, Etienne Maconi, parti de la Roche avec le P. Raymond, ne venait d'échapper au supplice que par la fuite. — Je ne veux point que vous alliez à Florence, répliqua Grégoire, on vous maltraiterait. Catherine est une femme, on la vénère, je ne crois Texposer à aucun danger. Préparez les pous voirs nécessaires, demain je les signerai et voules expédierez * ! »
Catherine reçut la Bulle du souverain pontife et consentit à retourner comme ambassadrice du pape vers ceux qui en 1376 l'avaient accréditée près la cour d'Avignon. Nul ne s'étonna d'un pareil changement. D'un côté comme de l'autre on connaissait son impartialité absolue : on n'ignorait pas qu'elle serait une messagère de Dieu plutôt que des hommes. La confiance qu'elle inspirait rendit jaloux les plus habiles politiques.
Durant ses voyages, elle avait écrit au Prieur des Arts et au Gonfalonnier de la justice : « Qu'ils ne croientpas, disait-elle, pouvoir concilier leurfoi, leur amour de l'Eglise, avec la haine des prêtres et le mépris du Saint-Siège. Ils sont dans l'erreur s'ils pensent qu'ils n'oflfensentpas le ciel en continuant la guerre. Quand bien môme le pape et les ministres de l'Efflise seraient des démons incamés, on devrait encore leur obéir comme aux représentants du Christ sur la
i.B. Raym. m, 6.
SAINTE CATHERINE. ii"
terre, car les grâces conférées par leur ministère sont telles, qu'aucun hommage, aucun acte, ne peut acquitter envers eux. Qu'on se hâte donc d« s'unir contre les infidèles par la croisade, en mettant fin à une lutte dangereuse, sinon la prospérité temporelle et même le salut étemel de la Toscane resteront exposés, le Christ regardant comme faite à lui-môme Tinjure faite à son vicaire. Qu'on y songe, sous une apparente fortune se cache la justice de Dieu. « Volontiers Catherine paierait la paix de sa vie. Commentant Tadorable parole : J'ai désiré d'un grand désir faire la Pâque avec vous avant que je ne meure*, qui était le point de départ et la conclusion de sa lettre, elle semblait, elle aussi, n'avoir point une parole assez forte, assez tendre pour pouvoir exprimer aux Florentins son désir déjà ancien, son espérance joyeuse de mourir, après une dernière pâque, afin de les racheter de la mort à laquelle les condamne leur péché, afin d'établir entre eux, sous la paternité du chef de l'Eglise, la paix et l'union léguées aux fidèles par le testament du Christ.
A son entrée dans Florence, Catherine trouva la ville livrée à l'agitation. Les Huit venaient d'assembler les ambassadeurs de divers États pour s'entendre avec eux et prolonger la guerre contre le
1. Desiderio deêideravi hocPascha manducàre vohiscum anie" quampatiar, dit S. Luc, xxii, 15, et la Sainte traduit : ccmdêsr derio iohode$iderato difare la Pasqua con Vùi prima ehio muoia. Lett. 207. Nous citons sa version, la légère variante dans les mots montrant l'application qu'elle se fait à elle-même du texte sacré.
Saint-Siège. En même temps, de hardis docteurs en droit canon osaient déclarer nul Tinterdit, faire rouvrir les églises et pousser par la violence les timides au pied des autels.
Gomme Tannée précédente, la Sainte se rendit au palais de la Seigneurie. Là, elle persuada aux Prieurs qu'il était urgent de faire respecter l'interdit. Ces hommes souhaitaient sincèrement entrer en pourparlers avec Grégoire XI; désireux de la paix, ils étaient plus à même d'y contribuer qu'en 1376, car tandis que les Huit s'occupaient des luttes avec la papauté, les Prieurs avaient ressaisi quelque influence. Ils la mirent au service de Catherine*. Non contente de ce premier succès, elle en obtint un second auprès des Capitaines du parti guelfe^ puis un autre aussi complet qu'inattendu sur les Huit eux-mêmes. Habiles ou convaincus, ces magistrats déclarèrent qu'on obéirait au Saint-Siège en matière spirituelle *.
Ce que valaient les promesses des Huit, Catherine le savait par expérience ; elle prétendit donc les engager avant qu'ils eussent le temps de se dédire, et elle mit tout en œuvre afin qu'on se soumît au châtiment imposé par TÉglise. A Rome, elle écrivait au cardinal Pierre de Lune pour se plaindre du clergé Florentin. L'évêque Ange Ricasoli, qui