On respecte Tinterdit
SA MISSION A FLOREiNCE 429
cinq ans auparavant, précéda sa mort miraculeuse et sa résurrection. De nouveau sa vue de Téternelle vérité prenait une intensité plus grande et lui arrachait ce cri : < Je prie la très douce Lucie de nous faire répandre notre sang pour la vérité ! » Parmi les fils spirituels de Dom Jean ardents à seconder les vues de l'ambassadrice, il en fut un qui se donna à elle pour ne plus la quitter jamais. C'étaitun jeune Florentin, BarduccioCanigiani, qui, à Tàge où tout plaît, où tout attire, n'avait même pas le désir des joies de la terre, tant il était absorbé par la contemplation d'un idéal intérieur. Il ne regardait le monde que pour y faire le bien, et sa sagesse précoce, sa connaissance des hommes, non moins que son entier détachement de lui-même, le rendaient utile à maint citoyen de Florence. Catherine, séparée à cette époque d'Alexia et d'Etienne*, Tadopta avec une tendresse plus grande encore que celle dont elle entourait ses autres fils spirituels ; elle semblait Taimer de Tamour particulier que les mères ont pour les enfants de leur âge mûr, alors qu'elles craignent de ne pas vivre assez pour les voir grandir. Déjà Catherine entretenait des rapports avec la famille Canigiani, puissante dans la République. Le père de Barduccio était ce Pierre qui Tannée précédente venait chercher la Sainte à Sienne. Ristoro, le frère aîné du nouveau disciple, tenait la charge de Capitaine du parti guelfe et tous deux s'unirent aux négociations