B. Raym. III
2. Lettera 285. Nous ne possédons que quatorze lettres de la Sainte à Qrégoîre XI ; les autres ont été détruites ou égarées.
i32 SAINTE CATHERINE DE SIENNE
il méditait un acte de faiblesse qu elle aurait sans doute empêché : le retour à Avignon. Qu'allaient d*ailleurs devenir les négociations de Rome avec Florence, négociations que l'assemblée de Sarzana, où Grégoire offrait aux Florentins comme arbitre leur propre allié Barnabe Visconti, avait presque menées à bonne fin ? L*élection du nouveau pape et son intronisation interrompaient naturellement les pourparlers. Ce délai eut pour Tambassadrice de fâcheuses conséquences.
Entrés dans la voie des admonestations, les guelfes réussirent et s'enivrèrent du succès. Déjà ils avaient frappé un membre du Conseil des Huit et beaucoup d'autres citoyens. Bientôt ils étendirent Tadmonestation à des hommes que la vengeance privée bien plus que Tintérêt public désignait à leur rigueur. Ristoro Canigiani était mêlé à ces violences. Malgré sa résistance aux excès de son parti, Soderini portait vis-à-vis de ses concitoyens le poids de fautes auxquelles il ne participait point et le nom de Catherine, jusqu'alors symbole de concorde, devenait le bouclier derrière lequel les guelfes s'abritèrent pour admonester jusqu'à quatre-vingtdix citoyens. L'ambassadrice du Saint-Siège dégagea aussitôt sa responsabilité. Non contente de blâmer hautement les Capitaines , elle rappela Etienne Maconi à Florence, le chargea de faire savoir à tous qu'elle désavouait les auteurs des récentes admonestations * et ne pouvant pacifier les partis, elle arrêta du moins les manœuvres de ses