Ammirato I
4i0 SAINTE CATHERINE DE SIENNE
d'ajouter que les Florentins seront les meilleurs fils du pape ^ . A peine Irouve-t-on une allusion au péril qui Ta menacée ; l'insurrection n'empêchera point, elle le sait, la République de poursuivre ses négociations avec Rome, TAmbassadricc ne parle donc d'elle-même que pour s'humilier de ses péchés. Le seul désir qu'elle exprime, est celui d'être rendue à sa patrie par la fin des hostilités, et encore elle ajoute : « Faites de moi tout ce que vous voudrez*. » En même temps elle excitait ses amis ruinés, admonestés, exilés, à profiter chrétiennement de leurs épreuves. Pierre Canigiani avait gardé jusque dans sa vieillesse le goût de Taction. Au seuil de l'éternité il fixait encore ses regards curieux, presque avides, sur un monde où il n'avait plus d'avenir. Catherine lui fit comprendre que, puisque Dieu lui créait des loisirs en le faisant frapper de mort politique, il devait employer ces loisirs à se préparer au jugement, et elle lui traça un règlement de vie. Ristoro, qu'elle avait si souvent supplié de ne point briguer, et même de refuser les charges ou Ton est exposé à offenser le prochain et à commettre dos fautes dont plus tard on rougit, Ristoro, coupable, désabusé et puni, trouva que la Sainte avait vu clair dans l'avenir. Il apprit d'elle à aimer la vérité et à porter ses peines avec une « cordiale allégresse. » Au bruit des tumultes populaires, elle l'entretenait de la révolte des forces secrètes de la vie contre l'homme, de la lutte de la nature et de la