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Pierre Canigiapi fut déclaré iopragrande et frappé d*iiDe

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Les affaires de la République changèrent en effet de face. Un apaisement momentané permit à Catherine de rentrer à Florence avec Nicolas Soderini, qui fut heureux de trouver un refuge dans la petite maison de la Sainte. Le calme dura peu. Déjà on comptait des mécontents parmi les seigneurs gibelins! Le bas peuple, dont les meneurs s'étaient mis en sûreté, craignait d'être puni de ses incendies et de ses pillages ; en commettre de nouveaux, augmenter le nombre des coupables et des victimes était, se disait-il, le seul moyen de s'assurer Timpunilé. « Quand il y a beaucoup de criminels, nul n'est puni; ainsi raisonnaient ces hommes accoutumés aux révolutions ; on châtie les fautes, mais on récompense les forfaits ; si tous sont frappés par un même désastre, personne ne cherche à se venger, car on supporte plus facilement la ruine générale que les pertes individuelles. î» Les plus ardents à fomenter une émeute étaient les Ciompi, ou ouvriers sotto-posti, soumis aux autres, qui ne faisaient partie d'aucun art majeur ou mineur. Dans les révolutions, la fortune ne les avait point encore portés au faîte, maintenant ils voulaient leur tour. Pourquoi prodigueraient-ils leurs sueurs à des maîtres dont les richesses s'accroissaient à leurs dépens? Pourquoi ne frapperait-on pas au contraire les riches d'une taxe progressive? S'excitant les uns les autres, ils déclaraient que Tant i qui té de la race ne signifie rien, puisque tous ont la môme origine, que

amende. Nicolas Soderini fut envoyé à 50 'milles de la ville. Marchione, dei St6!ani,X, 796. ^ Lettere 96, 268, 266, 279, 299,301, 297.

SA MISSION A FLORENCE 4i3

la différence entre les hommes vient de Tautorité et de la richesse. Le pauvre honnOte, ils le savaient . par expérience, s'enrichit rarement, il fallait donc s'emparer des biens de la terre, le succ^s justifierait les moyens. Forts de ces principes, animés de ces sentiments, les Ciompi se soulevèrent et prirent en main le pouvoir. Mais c'était à bon droit que les Grands prétendaient mieux supporter la défaite que la populace la victoire. On marcha de révolution en révolution, et le sang coula à flots dans la ville en flammes.

Dans le môme temps, Catherine poursuivait ses négociations pour la paix, que les dernières émeutes favorisaient en quelque sorte, puisque le parti populaire emprisonnait nombre d'ennemis de Rome. Sa bravoure à se montrer sans crainte, toute simple, tout humble, dans cette ville où la mort venait de la menacer, favorisa son ministère et lui permit, au milieu des désordres, de se diriger d'un pas ferme vers le but qu'elle avait résolu d'atteindre, et d^atteindre promptement. Elle pressentait que rÉglise serait bientôt engagée dans une lutte plus terrible que la guerre avec Florence * , et il serait « trop dur, écrivait-elle dés lors au cardinal Pierre de Lune, d'avoir à combattre au dedans et au dehors, car la guerre actuelle n'est rien, comparée à ce qui arrivera. »

1. MachiavelU, Istorie Florentine, III. -^ Tumnlto dei Ciompi, scritto da Diao Capponi. Fir. Barbera, 18G'2. — Moti Fiorentini del 1378 dei qnali ebbe Sta Catbrina da Siena a patire. Nicolo Tommaseo Arch. StoricoItalianoNuovn série. XIII, I, 21, 45. —Une insnrrection onvriôre à Florence en 1378 par L. Simonin. Journal des Economistes.

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Tant d'efforts, tant de prières surtout, reçurent enftnleur salaire. Catherine avait déclaré à l'rbain VI que Florence serait désormais le plus iidèle soutien de la papauté, et, pendant les derniers jours de juillet, un envoyé du Saint-Siège y apporta Tolivier de la paix. « Réjouissez-vous, mes enfants, réjouissezvous et remerciez Dieu par de douces larmes, > écrivit alors l'Ambassadrice à sa famille spirituelle de Sienne. S'inspirant des paroles du Christ aux disciples de saint Jean-Baptiste, elle ajoutait : « Les morts sont ressuscites, les boiteux marchent, les sourds entendent, Tœil aveugle voit,^ les muets parlent et crient à haute voix : Paix, paix, paix ! grâces vous soient rendues. Seigneur, qui jaousavez réconciliés avec notre père*. »

La guerre cessait ; les sanctuaires se rouvraient ; tel était le prix accordé à la patience de Catherine sous cette épreuve de l'attente, qu'elle avait vue au cœur du Rédempteur et partagée avec lui. La Sainte rentra donc dans sa patrie et reprit sa place parmi ses sœurs du Tiers-Ordre ^ Selon la parole de l'Ecriture, elle « goûtait lamort, j> et c^était dans le milieu où Dieu l'avait appelée à vivre, qu'elle voulait se recueillir pour écouter la vocation à l'éternelle vie.

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