CHAPITRE XVm
L£ LIVRE, LES LETTRE8 ET LES QRÂISOiNS DE CATHERINE.
Si forte di parlare io ton coslrello Quttllo che io liu nello intolUtlo, Che più lacer non po«so tofferire.
CAFFARINI. LaUDB a RIV. DELbA B. Gaterina.
Là mystique. — Ses adeptes dotninloains avant 1378 -— La doctrine de la Sainte : la Création ; la Rédemption ; le Médiateur. Liberté de Thomme. ^ i^es pécheurs : leurs larmes, les arrhes de l'enfer. — > Les justes. La Voie : connaissance de Dieu et de Boi*même ; orientation de la volonté ; prière ; larm<)s de contrition ; détachement des biens terrestres ; pauvreté ; ▼ertns excitées par TËspérancè ; sacrements; actes de compasHÎoD envers le prochain ; entretien des serviteurs de Dieu ; pénitences corporelles; acceptation delà souffrance. La Vifité, secret du cœur de Jésus : Dieu en lUiomme, rhomme en Dieu ; abandon de la volonté ; oraison ; larmes de compassion et de joie ; détachement des biens spirituels ; chasteté ; vertus fécondées par la Foi ; actes intellectuels de charité ; entretien du Verbe incarné ; pénitences spirituelles ; désir de la soufErance . La Vie sous la lumière d'amour : union de l'homme avec Dieu ; offrande de soi pour les pécheurs ; larmes de feu ; détachement de son propre être ; obéissance ; vertus prouvées par la charité ; don entier de soi ; entretien du Verbe divin ; pénitence du cœur ; ou souffrir ou mourir. — La Barque des Frères Prêcheurs. — Catherine interprète dominicain de saint Paul. — Son apostolat vulgarise la doctrine de saint Thomas, comme celui de saint Paul vulgarise la doctrine de saint Jean.
Les pressentiments, rintuition des vues providentielles, s'accordaient pour préparer les disciples de Catherine à la perdre : il fallait se résigner au silence que cause la mort. Anxieux de garder les
conseils de leur mère spirituelle, ils réclamèrent d'elle un résumé de sa doctrine.
Cette doctrine tous la comprennent, maïs point au môme degré.
Le mot de mystique qu'on applique à la science surnaturelle de Catherine éveille seulement pour les gens du siècle Tidée d'un secret nuageux. L'homme, déclarent-ils, connaît uniquement ce qui est à la portée des sens et de la raison. Pourtant, lorsqu'au sortir de Textase, Catherine parlait comme saint Paul de ce qu'elle avait vu et entendu, les gens du siècle Técoutaient volontiers. Mieux initiés, d'autres trouvaient en son langage quelque chose de la vie éternelle, un écho de mystères lointains, inaccessibles, dont ils n'avaient point le sens et qui cependant les charmait : la voix de cette femme les rendait indifférents aux ensorcellements des créatures, aux harmonies purement humaines, et tout en ne s'efforçant point de la suivre jusqu'où elle voulait les emmener, ils* préféraient sa parole à toute parole. Plus profonde était la compréhension de Télite des disciples et surtout celle des Frères Prêcheurs, car outre les notions de la raison, outre les leçons que la théologie offre à tous, ces religieux possédaient les enseignements de cette partie la plus haute de la théologie qu'on nomme la mystique.
Si les hommes et les femmes de tout état et de toute condition, dont la maternité de Catherine faisait une môme famille, interrogeaient les Dominicains sur la mystique, ils répondaient : c C'est la plus haute connaissance qu'on puisse avoir de Dieu unie au plus grand amour qu'il soit donné
d'éprouver pour lui * ! Non seulement Catherine reçoit des lumières uniques pour cette connaissance élevée, non seulement son amour accroît toujours sa connaissance, puisqu'ils s'alimentent réciproquement, mais par une disposition providentielle, elle a de plus, et cela n'est point accordé à tous les mystiques, Tintelligence précise de ce qui lui est révélé, car elle est apôtre, et après avoir contemplé la vérité, elle doit la prêcher. Catherine instruit les hommes comme un nouveau docteur de TEglise, et nous ne pénétrons pas nous-mêmes toute la profondeur de ses enseignements *. »
Contemporaine deTunion suniaturellederhomme avec son Dieu, la mystique a nécessairement les révélations divines pour principe. Dans l'Ecriture et la tradition. Dieu s'adresse à toutes les âmes, puis il applique et développe sa première parole dans les révélations particulières. \j^ Magnificat est le chant qui exprime le mieux cette union de la créature avec, le Créateur, c'est pourquoi tous les disciples de Catherine aimaient à le chanter. Selon leurs forces, la Sainte avait encore porté ses fidèles à méditer les pages de l'Evangile où saint Jean cherche le Verbe jusqu'au sein du Père céleste, et lesEpîtres dans lesquelles saint Paul révèle le secret de la vie du Christ, tel qu'il l'a contemplé au troisième ciel. Avec saint Augustin, saint Bernard et
1. Tkeologia myêlica est contemplatio perfectissima et altistima DH/et frnilivus eu: suaviêêimus amor ipsius intime jwssesni. Vallgomera. Theol. Mystica. Q. I, Art. 1.