Dial. Xin. — Lett. 3, 223, 254. — B. Raym. U
flA DOCTRINE 45S
les épines qui la transpercent, la tête du crucifié, penchée sur son épaule parce qu'elle n'a point d'autre appui, salue les créatures; les bras s'étendent pour tout embrasser, les membres sont disjoints, la poitrine rompue ; le cœur s'est brisé, palpitant du désir d'augmenter sa souffrance; les pieds restent cloués à la croix, pour prouver que Jésus mort et vainqueur demeure sur le champ de bataille terrestre avec les hommes. Le crucifix est un livre ouvert à tout regard, une infinie déclaration d'amour, non seulement à l'ami, mais à Tennemi ; l'amour et non les clous attachent le Christ ; c'est l'amour, ce ne sont point les bourreaux qui dressent la croix. Si le Seigneur l'avait voulu, la terre se serait refusée à porter le bois du supplice et aurait englouti les Juifs, car la pierre où s'enfonce la croix est mystique : elle n'est autre que la créature raisonnable, qui retient le Christ par l'amour qu'elle lui inspire *. Autour du corps souffrant de Jésus, la splendeur de la divinité fait une lumière ; le martyre révèle l'étemel x\mour qui veut répandre tout ce sang, afin que le sang manifeste Tamour et donne foi en lui, afin que Thumanité du Verbe fasse monter à sa divinité. Le Fils de Dieu, disait Catherine, répétant les paroles du Maître citées par saint Jean, devient la Voie, la Vérité, la Vie; puis, s'autorisant d'un
1. Dial. CXXVIII, CLI. — Lett. 7. 29, 148, 159, 184, 223, 242, 309. — B. Raym. II, 6. — Lett. 104, 128, 144, 170, 184, 193, 343, 347. Loin d'arrêter son divin Fils, Marie le seconde ; après avoir donné à Jésus la chair passible qui Lui permet de souffrir, elle s'associe à la Rédemption et reste Tavocate toutepuissante de la race d'Adam.
autre texte, la Dominicaine ajoutait, et la Lumière *. La Voie droite part de cette terre, d'une chose périssable, impropre à satisfaire des immortels créés pour se reposer en Dieu durant rétemité, de sorte que la créature raisonnable doit s'élever et entraîner par son ascension toutes les autres créatures qui, faites pour elle, sont prises dans son élan. La créature raisonnable est revêtue d'une dignité supérieure que sa langue ne peut exprimer, son œil voir, ou son cœur comprendre : cette dignité, c'est la capacité d'aimer Dieu *. Après avoir décrété la créature raisonnable et s'en être épris d'amour *, le Dieu immuable, dans le mouvement d'amour cause de toutes choses *, tirait de soi cette créature lui conférant par une immortelle Providence tout ce qu'elle était capable de recevoir, la douant de trois facultés ^ , créés à l'image de celles qui sont en Dieu. Emanée de la puissance
1. mal. CXÎXVIII. —Or. XX. - Lett. 151, 181. 188, 309, 818, 93a, BiO, 946.