Cf. PaulLHeb. X
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sur le cœur de Jésus * à la lumière de la vérité, de Tamour, qu'on contemple non plus dans ses efiFets, mais dans sa cause, car l'ami oublie le don pour le donateur. Le parfum de virginité qui s'exhale du cœur divin rend chaste '; parfois même il enlève à rhomme jusqu'au désir des légitimes tendresses ; entré dans le cœur sacré, on veut y rester tout entier, lié à lui par un amour dont la pureté devient presque divine. Du cœur de Jésus jaillit une lumière de Foi qui éclaire Tintelligence humaine, vivifie ses vertus et lui vaut môme, dans des circonstances particulières, le don de prophétie.
Cependant la tentation vient éprouver les amis de Dieu : ils ressentent encore le premier mouvement de nature qui porte au péché ; renvahissement du mal dans tout leur être, sauf en la volonté qui résiste soutenue par la grâce, les avertit du besoin constant qu'ils ont de la Providence. La tentation accroît leur Foi, la Foi vivifie leurs vertus qui opèrent un bien éternel. Discernant l'infinie générosité du cœur de Jésus, lisant au cœur divin la tristesse qu'éprouva le Rédempteur de ne point racheter ceux qui le repoussent, ses amis partagent son désir inassouvi de sauver les hommes. Ils ne donnent plus seulement leurs biens, leur activité, ils deviennent généreux des forces de leur corps et de celles de leur âme. Sous toutes les formes ils portent le fardeau de ceux qu'on ne sauve
1 Catherine semble tenir le premier rang parmi les précarseurs de la dévotion au Sacré Cœar. Elle est une des patronnes de TArchiconfrérie du vœa national français. [Bibliooraphib F. LL]
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qu'en les aimant; ils empêchent leurs frères de tomber dans le désespoir. Les âmes ! voilà de quoi ils ne détachent plus leur pensée, voilà de quoi ils s'entretiennent avec Celui dont les intérêts sont les leurs.
La Providence imprime parfois en la chair, et toujours en l'esprit de ces généreux amis, les stigmates de la passion ; elle les livre à des douleurs corporelles, à des angoisses mentales, proportionnées à leur amour. La persécution des hommes les rend joyeux ; leurs ennemis, justiciers du Maître par qui ils veulent être châtiés, reçoivent d'eux non point seulement l'assurance du pardon qu'ils accordent, mais encore du pardon divin qu'ils obtiennent pour les persécuteurs. Quant à la persécution du démon, elle jette les amis de Dieu dans le sein de la Providence, où Satan ne peut les suivre : « Soyez les bienvenues, crientils aux peines, nous achèverons notre vie joyeux, nous reposant sur la croix avec le crucifié ; l'amour de la souffrance en fait perdre le sentiment ! » Ils attestent leur amour des douleurs par la mortification volontaire. Leur pénitence n'est plus la veille corporelle, c'est la veille intellectuelle : il faut discipliner l'esprit, ne point le laisser s'égarer dans une spiritualité personnelle, où l'on se rattacherait à sa volonté propre, au lieu de rester attentif à la vérité ^
Sur le cœur du Christ, ses amis lui sont unis comme, durant sa passion, lui-même était uni à
1. Auoane parole qe se trouve soas la plame de la Sainte aussi fréquemment que la devise de son Ordre»
l'Essence divine. Au fort des douleurs particulièrement intenses qui, pour Téternité, méritent des joies particulièrement intenses aussi, les amis de Dieu, éclairés par la Vérité, goûtent la joie du Dieu joyeux ; n'est-ce point afin de rendre Thomme à la joie que ce Dieu s'énamoura des peines * ?
Pourtant la Providence n'entend pas que la créature s'arrête à la connaissance de la Vérité, qui est l'Amour. Elle l'appelle à en vivre, elle la veut liée au Christ par ce lien intime et tendre fait de fidélité, de confiance, fort comme la mort, qui sur terre n'a pas d'expression plus haute que l'imion entre époux.
Donné non point par les lèvres glacées du Crucifié, mais par les lèvres du Christ ressuscité, le mystique baiser de paix fait goûter à l'âme, d'une manière sensible, l'union avec le Verbe. Cette union, parfaite du côté de Dieu, serait permanente sans l'imperfection de la créature, dont le corps est trop faible pour la soutenir toujours *. Lorsque l'union a lieu, elle rajeunit et fortifie l'amour, elle donne
1. Dial. XI, XIV, LIV, LX, LXI, LXIV, LXXV, LXXXIX, XCVI, XCVlil, CXXXr, CXLI, CLVIII, Tr. Gons. Perf. — Or. XIII, XX. — Lett. 3, 6, 8, 12, 13, 29, 30, 33, 34, 36,
39, 41,48, 61, 55, 57,69, 61, 63, 71, 72, 73, 74, 75, 77, 78, 81,82, 83, 84, SQ, 87,94, 97, 100, 104, 110, 112, 113, 116, 122, 124, 131. 147, 161, 153, 154, 163, 164, 167, 169, 173, 177, 178, 189, 194, 197, 199, 209, 210, 211, 221. 248, 249, 253,269, 262, 268,272, 273, 274, 284, 299, 312, 315, 318, 335, 340, 343, 344, 348, 349, 350, 354.
2. Au dire de la Sainte, cette union détache da corps non point l'âme elle-même, mais ses facultés . L*union de Tâme ayec Dieu, plus parfaite que son union avec le corps, fait monter le corps dans Tespaoe malgré les lois de la pesanteur ; la résurrection des
la paix. L'intelligence garde Dieu pour unique objet, Famour concentre et discipline les forces en une prodigieuse vitalité d'esprit et de cœur; vraiment Tâme reçoit les arrhes de l'union béatifique*. Aimante^ l'épouse obéit à TEpoux, au point de n'avoir aucune volonté ; elle se précipite au-devant des ordres divins ; le dernier l'introduit dans la joie éternelle. Durant l'oraison, l'épouse se regarde en son divin Epoux, comme dans un miroir: « 0 mon doux Dieu, s'écrie-t-elle, qu'aimes-tu le plus ? » et lorsque ce Dieu répond : — « Regarde en toi-même et tu trouveras ce que j'aime le plus, » elle discerne non seulement l'amour que Dieu lui porte, mais la charité divine envers tous. Des larmes de feu, dont l'amour est la source, enflamment son regard, tandis que l'Esprit d'amour, pleurant «n elle avec un inénarrable gémissement *, lui inspire laprièredes élus : « Seigneur, faites miséricorde au monde ! » Rien ne lui est plus que ce qu'elle trouve en Dieu ; elle aime son Epoux sans intermédiaire et sans mesure ; les créatures, elle les aime selon la mesure du Créateur, selon la mesure en elle de la charité duChrist,.car toute autre mesure serait inexacte. Dieu exerce l'amour qu'elle a pour lui en tentant sa foi par des épreuves très intérieures de l'esprit et de TafFection, par « la fatigue et l'humilia-
morts, assure Catherine, est nn moindre miracle que de voir rhomme continuer à vivre pendant son union parfaite avec Dieu. Cf. oh. m, p. 66.
1. Catherine donne au mot de saint Paul le sens du texte et non celui de la Vulgate. Cf. S. Thom. Ad Ephes. i, 5.