‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 21 sur 282 · Bsovini in Annal · texte numérisé non relu

Bsovini in Annal

rage, et lui montrant son habit *, il promit que, malgré tous les obstacles, elle en serait revêtue. Au réveil, Catherine rassembla sa famille et fit connaître le vœu par lequel, des Tenfance, elle s'était donnée à Dieu. Ce vœu, elle le renouvelait avec la pleine responsabilité de ses actes. Si ses parents voulaient ne plus songer à la marier, elle serait heureuse de rester près d'eux et de continuer à les servir; « sinon, ajoutait-elle, comme il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, je me pourvoirai autrement : j'ai un époux riche et puissant, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui ne me laissera manquer de rien. »

L'effet causé par ces paroles fut d'autant plus profond que la jeune fille était d'ordinaire plus soumise. Les larmes de tous lui répondirent, car chacun se sentait secrètement coupable d'avoir en quelque sorte lutté contre Dieu. Son père lui promit solennellement de ne plus entraver sa liberté et de l'abandonner aux inspirations de l'Esprit- Saint; se tournant vers sa femme et ses enfants,

1. Les soldats de la Milice de Jésus -Christ et lean femmes portaient un manteau noir et des vêtements blancs attachée sur la poitrine par une croix noire ; une miniature remontant à 1347 confirme les documents et prouve que la croix rouge adoptée par certains Tertiaires fut une concession particulière. Plus tard on accorda le soapulaire aux Tertiaires, et de nos jours on a donné aussi aux Sœurs le voile noir du second Ordre. La majorité des membres du Tiers-Ordre séculier portait l'habit au moyen âge ; d'auti^s en cachaient les principales parties sous leurs vêtements ordinaires ; maintenant il est rare que les Frères et les Sœurs de la Pénitence soient autorisés à revêtir lliabit complet avant Theure de la mort. Cf. Bull. 0. P. II. Const. 36. — Mamachi An. 1209, 233. — Gaffarini Hiat. T. 0. 52.

il leur dit : « Laissez-la servir son époux et Timplorer pour nous : devons-nous donc nous plaindre, si, au lieu de s'allier à un homme, notre famille s'allie à Dieu * ? »

A partir de ce jour, Catherine vit la surveillance cesser ou du moins se ralentir, et rendue à la solitude de sa chambre, elle célébra son triomphe par les mortifications qui domptent Torgueil de la chair. ATexemple de saint Dominique^ elle prenait la discipline trois fois par jour ; la première était pour le salut de son âme ; la seconde à Tintention des vivants ; la troisième à celle des morts. Ces disciplines duraient environ une heure et demie chacune, et le plus souvent Catherine teignait de son sang la chaîne qui la frappait. Un dur cilice lui enveloppait le corps ; mais le soin qu'elle avait de la propreté extérieure, image, disait-elle, de la pureté intérieure , lui fit changer ce cilice contre une ceinture garnie de pointes acérées. Tous ses vêtementsjsans exception, étaient en étoffe grossière ; une simple planche formait son lit ; elle s'y agenouillait pour prier, s'y asseyait pour méditer, et s'y étendait tout habillée, quand elle consentait à dormir quelques instants. Un peu d'herbe cuite à l'eau, de vieilles croûtes de pain arrosées des larmes qu'elle versait sans cesse en mangeant, faisaient sa seule nourriture, et encore ne prenaitelle ce maigre repas qu'à de longs intervalles. Lapa so montrait inconsolable d'un tel mode de vivre, car, malgré le désir si formolloment exprimé de

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