‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 22 sur 282 · B. Raym. I · texte numérisé non relu

B. Raym. I

son mari, elle n'avait pas renoncé à son projet de mariage.

Catherine s'appliquait pourtant, avec un soin jaloux, à cacher les mortifications qu'elle pratiquait, demandant à Dieu, s'il le fallait, de véritables miracles pour épargner un chagrin à sa mère *. Mais Lapa l'espionnait de nouveau. Lorsque, écoutant à la porte, elle lui entendait prendre la discipline, elle faisait retentir la maison de gémissements au point que les voisins venaient lui demander le sujet de ses peines. La nuit, elle entrait chez sa fille, l'obligeait à quitter la planche sur laquelle elle priait et à partager son lit. Catherine glissait alors une bûche sous les draps. C'était déjouer toute intervention. Lapa le comprit et voyant que la force avait échoué, que la tendresse maternelle était restée impuissante, elle essaya la ruse.

Non loin de Sienne, sur la rive droite de l'Orcia, jaillissent les eaux de Vignone, auxquelles les Toscans attribuent de grandes vertus. Lapa résolut d'y passer les derniers beaux jours de l'automne avec sa fille : elle espérait beaucoup des distractions de ce lieu où chacun cherchait le plaisir en môme temps que la santé. Mais Catherine trouvait partout son Dieu. Insensible aux vains amusements par lesquels on prétendait l'arracher à l'attrait de l'éternel amour, elle vécut à Vignone comme elle vivait à Sienne, et y inventa môme de nouvelles austérités. Autour d'une chapelle

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