Ad Rom. vin
2. En divers passages de ses écrits, Catherine déclare que la parole : « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains, » ne s'applique point au Christ dont l'âme ne quittait point Dieu mais aux hommes, que le Rédempteur nommait son âme>. Lett. 35 107, 364.
3. L'admirable expression du Dialogue [LXXXIV] impatiente nel vivere est intraduisible ; nous la remplaçons par une parole fréquemment employée dans les lettres 16, 29, 96, 142, 226,
templeront à jamais, ils attendent, abandonnés à la Providence, goûtant Dieu Vérité première, Amour premier, souveraine Puissance, souveraine Bonté, souveraine Beauté, Bien inestimable. Sur eux glissent le bonheur, le malheur terrestre ; seul, ce qui offense leurSeigneur les offense, seul, ce quilui plait leur plaît/ en Taimant ils deviennent un autre luimême. Pour toute parole ils ont celle de saint Paul : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » La vie divine accroît leur amour par leur connaissance et leur jouissance par leur amour ; cette vie se donne selon la mesure du désir qui Fappelle. Uni au désir du Christ, le désir que Tâme parfaite a de Dieu est iuiini ! Toujours attirée et toujours docile, elle pénètre peu à peu « au milieu de la Trinité, » jusqu'à ce que, dégagée de l'entrave du corps, elle repose librement sur la vie divine et y trouve avec la plénitude de son activité son entier épanouissement ^
Sur la voie où Ton est toujours soutenu de Dieu, on marche tantôt par le secours d'autrui, tantôt par son propre effort, tantôt par l'élan qu'on acquiert lorsqu'on s'avance aidé de ceux que soi-même on aide. D'ailleurs le mouvement qui entraîne l'homme voyageur vers le lieu de son repos n'a
1. Dial. IV, XLI, XLV, LXVIII, LXXVIII, LXXIX, LXXXII, LXXXTV, LXXXIX, XCI, CI, Cil, CXLIV, CLVIII, CLXIV, CLXV, CLXVII. — Or.XII.- Lett.l6, 20, 21, 22, 26. 29, 30, 71, 74, 76, 78, 83, 84, 86, 95, 96, 98, 110, 113, 114» 120, 126, 154, 187, 201, 216, 223, 224, 226, 227, 245, 301, 314,336,336,352.
rien de la fatalité ou de Tétroitesse d'un mouvement corporel ^
Deux lumières indissolublement unies brillent sur la Voie: celle de la raison et celle de la Foi. Donnée à l'homme dans la création, obscurcie par le péché, rendue plus intense qu'à l'origine dans rincamation, la lumière naturelle de la raison éclaire les choses de ce monde et sert de fondement à la lumière surnaturelle. La lumière de la Foi, émanée de Dieu lui-même^ révèle la charité et empêche le chrétien de s'égarer à la suite des hommes du siècle dans la voie vers Dieu ; elle permet à la créature de discerner son propre néant, l'Etre divin, l'épreuve de la vie, la Providence ; elle fait apparaître Dieu en l'âme, car il est, à la fois, lumière, révélateur et révélé. Sans la lumière de la Foi, l'amour, qui apporte une lumière au-dessus de toute lumière, ne saurait exister et relier à la Divinité la créature que la raison a déprise du monde des sens ; sans l'amour les œuvres seraient mortes ; l'amour seul donne à l'espérance une réalité, en faisant porter cette espérance sur le Christ*.
Les saints, libres seigneurs arrivés victorieux au terme de la Voie, reflètent la divinité à l'aide des lumières de la Foi. En eux-mêmes, grâce au Christ leur vie, ils contemplent Dieu ; miroirs fidèles, ils projettent sa lumineuse image sur les hommes. Vivant dans la vie divine, les saints deviennent de nouveaux rayons de vérité, de nouveaux foyers
h Dial. LXXXIX, C. - Lett. 150, 163, 291. 2. mal. LI, XOVIÎI, XCIX.— Or. Vllf, XVI, XX. — Lett. 13,26, 31, 66, 63,83, 84, 87, 113, 122, 245, 250, 266, 299, 301.
d'amour. Aucun homme n'est assez éclairé qu'il n'ait besoin de la lumière d'autrui ; or, grâce aux saints, on voit ce que peuvent des créatures soumises à la loi de la fragilité, conçues et nées comme tous, nourries du même pain, secourues du même Seigneur. Leur doctrine est une lumière à laquelle on se juge : « la gloire du ciel, dit cette doctrine, est en proportion des opprobres endurés sur la terre. j> Veut-on souffrir avec le Christ, afin de jouir avec lui* ? C'est à chaque chrétien de répondre»
Emanée de Dieu, apportée par son Christ, rayonnante dans les saints qui témoignent de sa magnifique diversité , la lumière de vérité, à laquelle r homme contemplera éternellement la vision de Dieu, est une lumière d'amour. A ses clartés, connaître c'est aimer d'un amour d'autant plus intense, que cet amour connaît mieux ses raisons d'aimer.
KA.mour, voilà le vrai nom de Dieu, la plus grande force existante, tout l'acte divin, le don du Créateur, sa loi, son seul trait d'union avec la créature, la mesure du salaire dont il la récompensera; l'amour, voilà ce qui régit les rapports des créatures entre elles par la croyance que chacun veut le bien de son frère comme le Père commun veut le bien de tous. Si l'on vivait selon la vérité des choses, un autre contrat social serait superflu'.
La Voie, la Venté, la Vie que la lumière éclaire,
1. Dial. Xir. — Or. VII. — Lett. 28. 30, 109, 134, 204, 213, 2.50, 309, 364, 372.