‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 211 sur 282 · Cf. ch. XVI, p · texte numérisé non relu

Cf. ch. XVI, p

Tamourles explique. N'est-il pas la Voie elle-même, le dernier mot de la Vérité sur la terre et au plus haut des cieux, la perfection de la Vie, sa mesure, dans le temps et l'éternité? L'amour, c'est l'héritage du Père céleste reçu par les créatures, qui étant, grâce à TAmour, dans la vie étemelle, s'aimant en l'étemel Amour, se communiqueront, sans jalousie aucune, les biens divers octroyés à leurs différentes natures^ avec une participation plus étroite pour les êtres qui s'aimaient ici-bas d'un amour singulier. Bien que la mesure remplie par la joie ne s'accroisse plus au ciel, Tallégresse y prend une fraîcheur renouvelée, dans l'entrée en contact avec d'autres êtres, fût-ce avec les corps ressuscites, quand les générations humaines se grouperont sous l'humanité du Verbe divin*.

Telle était dans ses principales lignes.la théologie mystique de Catherine, la connaissance et l'amour de Dieu auxquels l'élevait le Christ. Les images que la Sainte donnait à sa pensée, la rendaient plus aiséeà saisir que si elle l'avait condensée dansles arguments de lascolastique; mais ces images, ceux-là mêmes qui en subissaient le charme ne les rencontraient point pour la première fois ; les Pères de l'Eglise, saint Bernard surtout, les leur rendaient familières ; si parfois un tableau frappait plus directement l'imagination que les sens, on se convainquait

1. Dial. XII, XLI, LXII, CXLVIII, CLXIV, CLXV. Tr. Cons. Perf. « L«tt. 27, 90, 113, 146, 172, 173,253, 266, 335, 344, 345, 366. La Sainte ne dit qu'un mot de ce que les hommes recevront des anges. La bienheureuse Mechtilde,Tauleret d'autres encore avaient déjà merveilleusement défini cette espérance.

vile que Tailler et son école pouvaient le fournir à la Dominicaine. L'image la servait merveilleusement, et prouvait que son esprit souple était ouvert aux connaissances humaines. Souverains, magistrats d'une République, capitaines et soldats, artistes et ouvriers, religieux de tous les Ordres trouvaient sous le regard ce qui devait le frapper ; passant de ce que perçoivent les sens au raisonnement, la Sainte, par des procédés qui révèlent la vue surnaturelle des âmes, arrivait avec le secours des sciences, des arts, de la poésie sous sa forme la plus haute, à se faire pleinement entendre*. Les figures, elle les employait pour autrui, car elles n'étaient pas une habitude de sa nature très intellectuelle. De même que les anges devenaient rarement près d'elle les messagers de Dieu *, la Sainte ne se montrait pas éprise des symboles de l'Ancien Testament. Quant aux oiseuses discussions, elle avait témoigné à Pise, et lors de son séjour à la cour d'Avignon, le peu de cas qu'elle en faisait. Les études sur l'Apocalypse dans lesquelles on s'épuisait alors, lui semblaient mieux faites pour remplir la tète de vanité, que pour affermir la foi \

1. Dial. XLV, XLVI, CX. CXIX, CXXXV, CXLIV, CXVI, CL, OLV,CLIX, CLXVn,Tr.Cons. Perf.-Or.V,XI, XVIII, XXIV. — Lett. 84, 86, 87, 98, 99, 102, 104, 107, 109. 110, 112, 113, 114, 122, 128, 131, 132, 133, 134, 135, 136; 137, 138, 139, 143, 144. 148, 149, 160, 164, 155, 158, 169, 164, 165, 167, 171, 172, 177, 181, 184, 185, 194, 195, 225, 228, 237, 259, 262, 266. 267, 275, 313, 315, 319, 321 , 327, 329, 333, 335, 341, 342, 343. 360.

2. Les anges se rencoutrent anssî rarement dans les écrits de la Sainte que dans Thistoire de sa vie; qaand elle en parle :L6tt. 2, 21, 59, 132, 171, c'est par rapport à Notre-Seîgneur.

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