Cf. ch. m, p
2.Dial.XXXV, LUI, LXII, CXÏX, CXII, CVII, CXXIV, OXXVII, CXXXIV, CXLF, CLI, CLIV, CLX. Tr. Cons. Perf. — Or. XX.— Lett. 66, 67, 69, 98, 103, 104, 110, 149, 152, 155, 161, 164, 165, 166, 168, 169, 171, 173, 175. 190, 200, 225, 239, 253, 254, 259, 266, 287, 299, 318,321. 342, 347, 352, 354, 356, 358, 365, 368.
3. Cf. ch. XVII, p. 434^ 435. Les commentaires de Catherine sur l'Ecriture semhlent directement inspirés du Saint-Esprit. Témoin son exposition du Ps. Juhilate Deo, Pourtant on lui voit demander des explications au P. CafEarini sur le Ps. 130.
des idées paraît se briser sans cesse ; mais le lecteur attentif saisit une trame de pensées tellement serrées par le fond même du sujet, que séparer la moindre partie de l'ensemble, démembre un corps vivant. Oui, cette parole est une parole vivante, la parole même de Dieu. Elle ne s'évanouit pas sur terre, chassée d'un vain écho à un autre ; elle agit, elle opère ce que veut le Seigneur* ; plus on la médite, mieux on conçoit qu'en ce monde on ne la comprendra jamais complètement. Cela c'est le propre de la sainte Ecriture, des paroles inspirées; avec le confesseur de Catherine, on sent passer le souffle de l'Esprit divin dans les œuvres de l'Apôtre dominicaine. C'est à genoux qu'on boit l'eau vive offerte par Catherine. Selon la gracieuse image empruntée aux mystiques allemands de sa famille, sa coupe, la coupe où elle désaltère le passant, reste plongée dans l'inépuisable source divine; aussi cette coupe se remplit toujours sous les lèvres qui s'y attachent*.
Boire à la coupe delà Tertiaire, c'était bien pour les fils de saint Dominique obéir au prophète et boire l'eau de leur puits. « Pas une ligne de la partie doctrinale des œuvres de Catherine ne s'écarte de la Somme, disaient-ils. Par une miséricorde particulière envers nous, Dieu instruit cette jeune Sainte conformément à la doctrine de saintThomas ; appuyer chaque pensée de la Mystique d'un argument du théologien, est chose que la mémoire fait
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2! Dlal. LXlV, CXXXIV. - Lett. 52, 49.
avant la raison. Seulement, si notre Docteur par excellence dévoile comme nul autre ce qu'est la perfection intellectuelle, mieux que lui encore, la femme inspirée exprime la charité. Bien qu'elle écrive en prose, son âme vibre, pareille à une harpe, au souffle divin. Comme nos frères et nos sœurs d'Allemagne, elle ne monte point seule vers le Créateur, elle mêle dans l'hymne de sa reconnaissance cette faible voix des choses qui n'est autre que leur être ; mieux encore que les Dominicaines bercées par les flots du Rhin, elle sait le chant mystérieux que seule Tâme humaine peut chanter, le chant de la souffrance, joyeuse de souffrir par amour. Quand elle entonne ce qu'elle nomme le cantique de vie des épouses du Seigneur*, son cantique réveille de la mort du péché les âmes endormies et ne va point se confondre avec les voix de la nature qui ont failli entraîner au panthéisme les Frères Prêcheurs allemands *. î
Y a-t-il, se demandait-on, une description plus poétique et plus vraie de l'Ordre que celle de Catherine ? — Au cours des visions, dont le livre de la Divine Doctrine donne le récit, la jeune Dominicaine discerne sur la mer orageuse de la vie une foule débarques, qui s'avancent, non point par le coup de rame d'un rameur isolé, mais par la force des bras de chaque Ordre religieux. Le mât, c'est la