Lett
diateur, était toute dominicaine. On s'était demandé comment, lorsque chaque saint de TEvangile lui apparaissait avec un interprète de son Ordre, elle restait seule en présence de saint Paul. Désormais on le comprit. C'est à Catherine de Sienne, se dit-on, qu'il est réservé d'interpréter pour ses Frères, pour ses Sœurs, le livre * remis par TApôtre des Gentils à l'apôtre Dominique, les Epîtres de saint PauP. La doctrine de Catherine, c'est la doctrine dont saint Jean eut la vision au plus intime du mystère divin, quand il contempla le don que Dieu fit aux hommes de son Verbe ; c*est la doctrine que saint Paul exposa dans 1 Eglise par Jésus crucifié, vivant en Tàme chrétienne '. Cette doctrine, saint Thomas la contemplée à la suite de saint Jean ; or de même que saint Paul grava dans les âmes la doctrine de saint Jean, Catherine seconde saint Thomas. En vertu d'une grâce spéciale qu'elle a reçue de Dieu pour l'apostolat, elle sait mettre au cœur même
1. Les historiens de saint Dominique assurent qu'en 1216, saint Paul lui apparut et lui remît un livre.
2. Saint Dominique savait par cœur les Epîtres de saint Paul ; au moment où son zèle porta le pape à faire évangéliser les serviteurs des cardinaux que Toisiveté conduisait au vice, le fondateur ^es Dominicains occupa le premier la charge créée à cet efiEet, celle de maître du Sacré Palais, restée dans son Ordre, et commença un commentaire oral des Epîtres de saint Paul qu*on n'a point conservé.
3. Souvent la parole de Catherine semble commenter la première épître de saint Jean et TEvangile selon cet Apôtre, en particulier les versets 16 et 17 du chapitre m. Mais tout en s'appuyant sur le DiHciple blen-aimé, elle lui emprunte moins qu'à r Apôtre des Gentils. Peut-être sa doctrine s'alimente-t-elle surtout de répttre aux Ephésiens» Jamais elle ne cite textuellement*
des hommes les leçons offertes à leur intelligence parle Docteur Angélique. Saint Jean et saint Thomas lui ont enseigné à écrire ; saint Paul lui a expliqué la médiation du Verbe, TEsprit-Saint Ta inspirée. Comme TEvangile du Bien-Aimé, les Epîtres et la SommCj les oraisons, le livre et les lettres de Catherine se résument en deux mots qui sont une même parole : la vérité et Tamour.