Paator
2. Tomroaseo (note de la lettre 931) prétend qu'à cette époque la Sainte exprime le désir d'aller elle-même en Terre Sainte; même en la rapprochant de la lettre 315, le passage de la correspondance avec Dom Pierre, sur lequel Tommaseo appuie son hypothèse, ne nous semble point avoir cette signification.
828 dAtNTE CATHERINE DE SIENNE
l'Eglise ! Et comme le Pontife ne voit pas lopportunité de cette action, la Sainte, craignant de l'ennuyer, dit-elle, par de trop fréquentes visites, lui écrit peu après : « Par nature vous avez un grand cœur, que surnaturellement il soit grand aussi ! Réprimez les mouvements trop prompts auxquels la nature nous entraîne; sans le surnaturel la nature fait osciller entre l'orgueil, la colère contre les ennemis, et la pusillanimité dans la correction des amis. Les espions de l'antipape sont partout ; dans vos rapports avec les hommes, attachez-vous au plan de Dieu. Son règne s'établira sur la terre par la réforme du clergé ; le schisme sera anéanti grâce à l'union des chrétiens pour la croisade*. » Tout ce que Catherine nommait en un mot : la vé- ?nté, resta au-dessus de l'intelligence d'Urbain. Captif d'obstacles qu'il pouvait renverser, de rancunes dont il aurait dû triompher, il s'agita en vain dans sa ville de Rome. Alors, afin d'entraver le schisme, et d'opposer une force à la France, qui affermissait Naples dans le parti de Clément VII, Catherine eut l'inspiration de réconcilier deux belligérants : larépublique de Venise et le roi Louis de Hongrie, prince célèbre par le service qu'il avait rendu à la Foi, en convertissant les infidèles du Nord. Ils feraient trêve à leurs luttes au sujetdelaDalmatic, et s'allieraient sous la bannière d'Urbain. Comme la faiblesse des Urbanistes venait de ce que TEglise ne possédait plus unépiscopat uni, la Sainte prit Ange Correr*,
l.Lett.351, 364.