‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 237 sur 282 · Gregorovius, Vî, xii · texte numérisé non relu

Gregorovius, Vî, xii

Sous l'étreinte de ses peines"^ corporelles et mentales, Catherine fit un effort surhumain ; aidée de Barduccio, elle se traîna jusque dans sa chapelle. Là, ses forces la trahirent de nouveau ; étendue sans mouvement, sans parole, il lui semblait que son âme et son corps étaient séparés, non plus comme lors de sa mort miraculeuse oîi elle goûtait d'ineffables joies, mais en une sorte d'état anormal, qui rendait le corps et Pâme présents l'un à Tautre ainsi que le sont deux êtres différents. Cependant son intelligence dirigée vers la sainte Trinité n'oubliait point le péril de l'Eglise; elle offrait à Dieu, pour tout le peuple chrétien, les mérites du Christ, les peines des Saints, et sa prière était de celles qui sont exaucées. « Selon qu'il plaît à votre bonté, disait Catherine au Maître du ciel et de la terre, brisez mon corps ou soutenez-le de nouveau, car il est abattu; je vous offre ma vie I Autant de fois qu'il vous plaira, tirez-moi de mon corps et rendez-moi à lui avec des souffrances croissantes, pourvu que je voie la réforme de l'Eglise ! » N'oubliant jamais la famille spirituelle dont elle portait les péchés et que sans cesse elle enfantait à la grâce, elle s'écria avec une ardeur qui remua l'âme de chacun de ses disciples et la lui attacha pour toujours : « Seigneur, ne laissez point mes chers enfants orphelins, donnez-leur les lumières parfaites de la foi, l'union entre eux et au Christ par la charité ; que tous ils meurent pour l'Eglise* et vivent éternellement! » L'humble Cathe-

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