Acciochè muoiano ppasimaH in questa dolce sposa
rine suppliait le Seigneur de ne point la damner, et s'accusant de n'avoir pas fait tout ce qu'elle aurait pu et dû faire au service de TEglise, elle ne se lassait point de répéter : Peccavi, Domine^ miserere mei! Peu à peu ceux qu'on nommait « la famille » accoururent ; on croyait Catherine morte ! Cependant le Christ qui façonne tous les membres de son Eglise, apparaissait à la Sainte, il allait toucher sa vie et lui donner, disait-il, une autre forme que par le passé!
On s'aperçut alors que la pauvre fille respirait; une vive et persistante souffrance lui brisait le cœur : sa passion commençait, et elle devait la subir jusqu'à la fin, avant de mourir dans les douleurs \ Toute sa vie elle avait souhaité souffrir, car de môme que le Christ elle portait dès l'enfance « la croix du désir » et elle nommait les souffrances ses roses et ses fleurs. « Si l'on savait, disait-elle, combien sont douces les peines que Ton endure pour Dieu, on les recevrait avec plus de reconnaissance que tous les bienfaits '. »
Les disciples emportèrent leur mère dans sa cellule. Et de nouveau elle fut enveloppée par les esprits de ténèbres ; ils cherchaient à lui persuader que son corps n'agissait plus sous l'influence de
1. Or. XXVI. CerU parole cKeua Vergine orcuido diue, dopo il terrihiU caso cKchhe il îunedi noUe^ dopo la Sexagwvm. On a assigné diverses dates à cette prière. D'après le P. Caffarini, elle serait du 15 février, ce que contredit la lettre 371. Nous supposons que les diverses dates sont celles où elle fnt copiée par les disciples.
2. Or. XX. — ProcesB. attest. P. Caffarini. D. Mart. VI, 1270.
son àme, mais sous raction d'un esprit immonde ! € Seigneur, gémissait-elle en proie à cette épreuve obscure, Seigneur,accourezà mon aide, .'.je suis seule dans le combat, sans le secours du père de mon âme dont me prive mon ingratitude ! » Le confesseur de la Sainte, Rayn^ond de Gapouc, manquait en effet au milieu de ce groupe où tous pesaient Sur elle, où nul n'était apte à la soutenir. Durant deux jours et deux nuits, elle lutta au sein de Tisolement qui est un des caractères de l'agonie. L'Eglise lui apparaissait sous Taspect d'une Vierge souillée de lèpre ; Rome lui semblait pleine de démons ardents à exciter les Romains contre le pape , à pousser le peuple chrétien au parricide : « il faut que ce crime s'accomplisse, disait le Christ à la victime prosternée devant sa justice, il faut que le pape meure de la main des chrétiens, Rome sera alors détruite comme jadis Sodome! «Sodomene possédait point dixjustes; à Rome Catherine avait rassemblé des pénitents qui criaient miséricorde ! En la fOte de la Purification, la Sainte se releva victorieuse et alla remercier le Rédempteur. Pour prix de la vie du pape, comme rançon duchâtiment auquel échappait Rome, le Tout- Puissant imposait à Catherine et à ses disciples d'offrir durant tout le carême et le sacrifice de Tautel et leurs prières et leurs pénitences pour l'Eglise ; de plus, la Sainte, qui était toujours clouée par la souffrance sur son lit de planches jusqu'à neuf heures, devait entendre la messe à l'aurore. Elle le promit, sachant que, si elle obéissait à Dieu, rien ne lui serait impossible '.