GrégoroTins, VI, xii
ensuite en faiblesse ; la vie mettait longtemps à revenir, mais elle revenait complètement. Catherine traversaitalors Rome d'un pas rapide. « On me voit, disait*elle, passer*semblable à une morte et aller à Saint-Pierre travailler dans la barque de la sainte Eglise. Je ne voudrais sortir de ce lieu ni jour, ni nuit, tant que l'union du peuple romain avec le pape n'est pas cimentée. Mon corps subsiste sans autre aliment qu'un peu d'eau. Dieu semble me préparer à un nouveau martyre ! » Songeant à la fête de Pâques, qui était proche, la Sainte ajoutait : « Peut-être me fera-t-il ressusciter avec Jésus-Christ ou bien rendra-t-il la force à mon corps ! »
En cette attente, elle se hâtait d'accomplir les devoirs que la succession des événements lui imposait, et la fortune du pape étant étroitement liée à celle du royaume de Naples, elle tournait vers ce pays son regard mourant. Ebranlée parla révolte de ses sujets, pressée par deux messagers de la Sainte, Néri, etun autre disciple *,Jcanne avait accrédité des ambassadeurs près d'Urbain VI et écrit à Catherine qu'elle se rangeait sous la loi de ce pape ; mais le quatrième mari de Jeanne ayant dominé les rebelles, et l'action de Néri s'étant affaiblie, la capricieuse souveraine s'attachait définitivement au parti de l'antipape. Que lui importaient les menaces d'excommunication d*Urbain ou la guerre qu'il faisait porter dans le royaume de Naples, en chargeant Charles de Duras d'y .défendre le Saint-Siège ?