‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 252 sur 282 · I. DB LIAKO. \11A Dl S. GATALIMA DB 8ENA · texte numérisé non relu

I. DB LIAKO. \11A Dl S. GATALIMA DB 8ENA

Reliques de Catherine de Sienne. — Sa canonisation. — Le culte qu'on lui rend. — Ses œuvres. — Ses historiens. — Ses disciples.

Un dernier sourire effleurait encore les lèvres de la femme forte qui avait été Catheriile Benincasa, et déjà ses fils selon la grâce, les fils qui devaient reconnaître sa maternité durant l'éternité entière, Tcntouraient et la proclamaient Bienheureuse. « Comme le divin Maître, disaient-ils, elle a vécu recueillie sous la lumière divine ; comme lui elle s'est mêlée aux hommes ; comme lui elle a passé trente-trois ans sur la terre; comme lui elle est morte d'amour pour les âmes. Aucun Saint ne reproduit à ce degré les aspects multiples du Seigneur- Jésus. » Le pape, songeant avec tristesse que les on-

tretîens qui calmaient ses indignations et soutenaient son courage étaient à jamais finis, priait avec les amis de Catherine. Vivante, elle leur paraissait un spectre ; morte, elle retrouvait, en son corps, non seulement la beauté de la jeunesse, mais presque celle de la résurrection. Tous cherchaient à cacher leur perte, car une foule trop nombreuse pour entrer, trop avide de vénérer la Sainte pour qu'on la dispersât, se pressait dans la via di Papa. Sans bruit Maconi et un autre disciple prirent le corps de leur Mère pour le pointer à l'église des Dominicains, San^a Maria sopra Minerva. Au moment où, chargés des reliques, ils passaient la porte, la maîtresse de la maison, dangereusement malade, recouvra la santé.

On plaça les restes de Catherine derrière les grilles d'une chapelle consacrée à saint Dominique , et toute la ville accourut. Déjà la romaine Sémia, amie de la Sainte, avait aperçu Catherine entrant dans la gloire. Elle racontait à haute voix la vision et les miracles qui l'accompagnaient. A la Minerve, la première prière qui s'éleva vers Catherine, fut celle d'une Tertiaire franciscaine, sœur Dominica, dont un mal incuraBle paralysait le bras. Dominica reprit toute sa vigueur, et les Tiers-Ordres de Saint-Dominique et de Saint-François sentirent qu'une nouvelle bénédiction venait de fortifier encore leur alliance.

De temps à autre, un cri de joie retentissait dans la foule et était répété par des milliers de voix. Ici une jeune mère montrait son enfant guéri. Là une paralytique jetait ses béquilles devenues inutiles. Une jeune lépreuse penchait sur Catherine son

visage dévasté et le relevait brillant de fraîcheur. De toutes parts on apporta des malades ; ceux qui ne purent venir , sollicitèrent quelque objet ayant appartenu à la thaumaturge : presque tous furent guéris; un enfant mort ressuscita. Enterrer Catherine semblait impossible. Le peuple ne voulait pas se laisser arracher ce corps virginal qui maintenant portait d*une manière visible les stigmates de la Passion * et exhalait de célestes parfums. Louer les vertus de la Sainte était difficile au milieu des transports d^allégresse qu'excitaient ses miracles. Des maîtres en théologie, les plus célèbres prédicateurs de tous les ordres religieux le tentèrent. Un seul plut aux fidèles, ce fut l'ami de Catherine, Jean Tantucci : « Cette Bienheureuse Vierge n'a pas besoin de prédications, dit-il, elle parle et se fait connaître d^elle-méme. » Puis, vaincu par l'émotion, il se tut et quitta la chaire '.

Quand, le 1" mai, on ensevelit Catherine, Maconi ne voulut céder à personne le soin de l'étendre dans le cercueil. Son cœur se brisait de douleur, écrivit-il lui-môme, tandis qu^il renfermait entre quelques planches de cyprès celle qu'il aimait sur toutes les créatures de Dieu. Le sénateur Jean Cenci rivalisa avec Urbain VI, pour que les funérailles eussent une grande pompe. Rome et la Papauté célébraient à l'envi celle qui avait ramené le Saint- Siège dans la ville des Apôtres. Enfin on creusa une

1. La prière de CatheriDe avait, durant sa vie, fait disparaître toute marque extérieure des stigmates ; ils reparurent aussitôt après sa mort. [BibliograpuibH, ni.]

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