Lanzi. St. put
3. Cette peinture n^existe plus, mais on voit un buste de la Sainte au-dessus de la grande porte.
4. Cf. à l'Inst. des Beaux-Arts les n«« 63, 64, 65, 66, 71, 152, 239, 241, 348, 963, 271, 369, 380, 388, 397 ; pour nous, le no 239 est le véritable type de la Sainte.
Les peintres dominicains surent mieux conserver l'image poétique et douce de la Tertiaire. Qu'étaient les tableaux commandés par le P. Raymond pour différentes églises de TOrdre ? Que furent les cartes peintes distribuées par le P. délia Fonte ? nous ne saurions le dire. Les fidèles trouvaient les médailles d'insuffisants souvenirs de leur Sainte bien-aimée, et réclamaient, chose jusqu'alors inconnue, son portrait; cet essai fut sans doute fort imparfait. Mais Fra Angelico vit Catherine, quand, ravi en extase, il maniait le pinceau, et dans ses tableaux, il la joignit aux vierges qui accompagnent la Mère de Dieu. Fra Bartolomeo et son école vinrent ensuite fixer à jamais sur la toile les traits de leur illustre sœur ; l'ami de sainte Catherine de Ricci, un mystique, Paul del Signoraccio, sut placer la Sainte aux pieds du Christ tel qu'elle le contemplait près de saint Jean et de Marie-Magdeleine * ; enfin un contemporain et un compagnon du P. Lacordaire, le P. Besson, peignit à son tour Catherine, et on sent en lui un disciple de ces maîtres *.
4 . La fresque que Paul del Signoraccio de Pistoie et le Frère coDvers Augustin del Mngello peignireut en 151 G , dans le cloître du couvent dominicain de San Spirito, k Sienne, est bien conservée. (Cf. la photogravure qui est en tête du volume.) A notre sens, cette peinture exprime admirablement la mystique que nous avons résumée, chapitre xvni.
2. Les cartes peintes qu'on distribua au xiv" siècle, lors des fêtes données à Venise en Thonneur de Catherine, sont les premiers essais d'images de dévotion. (Processus. Attesl. P. Ca£E. D. Mart. VI, 1254.) Fra Angelico peignitdans nombre de ses tableaux la Sainte de Sienne. Le cadre d*un des reliquaires de Sainte -Marie-Nouvelle (Musée Saint-Marc à Florence) porte au-dessous du profil de la Sainte ces .Tiots : B. Caterina de
L'art siennois avide de faire connaître a: Tillustre concitoyenne , » l'art dominicain dévoué à la « chère Sainte, » ne furent pas les seuls que Catherine inspira. En tous pays, peintres, sculpteurs, miniaturistes, verriers, orfèvres, lui consacrèrent leurs chefs-d'œuvre, et quand une nouvelle invention, la gravure sur bois, chercha des sujets pour son burin, l'un des premiers choisis fut la Sainte de Sienne*.
En même temps, grâce aux copies de ses dis-
Seis. Chacan connaît le Mariage de sainte Catherine de Fra Bartolomeo qui est an Louvre. Le musée de Lncques, enrichi des dépouilles de S. Bomano, possède une non moins belle toile où sainte Catherine et sainte Madeleine sont en prières derant Dieu. Au réfectoire du couvent de Saint-Marc de Florence, sur . les murs d autres cloîtres, ce maître et son école ont fait figurer la Tertiaire dans leurs œuvres.
1. Le catalogue de ces objets d*art remplirait des volumes ; pourcequi concerne les peintres, miniaturistes, sculpteurs, verriers de rOrdre de Saint- Dominique, nous renvoyons à Touvrage déjà cité du P. Marchese. [Cf. ch. XVII, p. 425,] Indiquons seulement un petit nombre des œuvres que nous avons vues : d'abord à TArchivio diSlato de Sienne, sur la couverture en bois des livres de Biccherna de 1499, 1527, 1538, 1548, 1604, les peintures dé< diées à Catherine, puis le Beccafnmi du Musée, le Pinturiccio du Dôme ; le Sasso Ferrato de Sainte-Sabine à Rome ; à Bologne le Brlzzide Saint-Dominique, et le Gerardo Florentine du musée ; le Tiepolo des Jésuates à Venise. Les statues sont nombreuses ; la famille Palmieri de Sienne, l'église de la Minerve à Rome, en possèdent d^intéressantes ; la plus curieuse est celle faite au XY* siècle pour les Dominicaines françaises de Poissy ; maintenant elle appartient aux Frères Prêcheurs de Châlais. Quant à la gravure, voir au Cabinet des Estampes de la Bibl. nat. de Paris, le bois du xv* siècle, qui représente sainte Catherine, et les gravures de Galle. [Biblioqraphib D. Vi68 illustrées.] Dans ces dernières, la Vera effigies donne à la Sainte un type contraire à sa race et à la tradition. L'artiste semble avoir pris comme modèle une paysanne de la campagne romaine.
ciples, copies que ses admirateurs multipliaient à leurs frais, les œuvres de Catherine n'étaient pas moins célèbres que ses portraits. On prétendit les réunir tontes, mais déjà on avait des pertes à déplorer. La plupart des oraisons n'étaient point transcrites. Un Traité surTEvangile avait disparu, et ceux qui lisaient dans les lettres et dans le Dialogue * les commentaires de Catherine sur TEcriture Sainte, sentirent la perte qu*ils avaient faite. Le Dialogue lui-même n'était point complet; un assez long fragment ne se retrouvait que dans une traduction latine ' ; enfin par la négligence du pape Alexandre VII, à qui elles furent prêtées, environ quinze lettres s'égarèrent ^. Envoyées dans tous les pays où les partisans des antipapes ne les arrêtaient pas au passage, et jusqu'à Constantinople, imprimées dès le XV® siècle, les lettres de Catherine furent successivement traduites dans toutes les langues littéraires. D'abord ce fut avec de grossières erreurs, qui excusent une partie des injustes accusations des gallicans contre la Sainte *, puis
1. Dial. CXL, CXLVI. — Lettera 69. Cf. ch. III, p. 162, et ch. XVIII, p. 481.
2. Qigli fît une traduction italienne de oe fragment qu'il rencontra dana la Bibliothèque du Vatican, et la joignit k son édition des œuvres de la Sainte, [bibliographib A. 14o.]
3. Les éditions les plus complètes en renferment 373 ; on les a classées de diverses manières. Christophe de Gano les rangeait sans méthode, le P. CafiEarini les plaça selon les personnes à qui elles étaient adressées, et depuis chaque éditeur a suivi un ordre différent. [Bibliooràphis A.]
4. Nous n'engageons pas une lutte, dans laquelle les partisans de Catherine ont cent fois remporté des victoirea coafirméea par l'Église.
avec une exactitude qui n'en saurait rendre le charme. L'original est comme la fleur vivante et parfumée des campagnes toscanes, la traduction comme la plante morte entre les feuillets d'un herbier.
Le livre de La Divine Doctrine^ qu'on nommait d'ordinaire le Dialogue, parce que la Sainte y conversait avec Dieu, eut un sort plus brillant encore que les lettres. Connu dès 1378, prêté aux fidèles de Catherine^ qui se le disputaient *, copiée enchaîné selon Tusage du temps dans les bibliothèques, traduit en latin pour Tinstruction des érudits du monde entier, il fut publié en langue vulgaire et enlangue savante, parmi les premiers livres connus.
Tous les succès qu^une âme avide de triomphes aurait pu rêver pour ses écrits, Catherine les obtint. Ils virent le jour enrichis des plus belles miniatures, ou dans les éditions les plus aoignées *. Les Etats se les envoyèrent comme un don précieux. La théologie, rhistoire, la littérature en invoquaient sans cesse le témoignage. Italiens et étrangers, orthodoxes et hérétiques ' vantaient la doctrine de la