Lattera
2. Pourtant les œavres de Catherine attendent encore un éditeur. Certes Gigli et Tommaseo en ont éclairé le côté historique et littéraire, mais la partie doctrinale ne sera comprise de tous que si la Sainte trouve, comme le B^ Henri Seuse, un disciple capable d'ajouter à ses lettres, et surtout au Dialogue, des préfaces et des notes.
3. Les écrivains protestants ont voulu faire figurer la Sainte dominicaine parmi ceux qfn'ils nomment des Pré- Réformateur s y parce qu'elle réclamait la réforme du clergé. De nos jours, ces anciennes assertions sont réduites à néant par la critique rationaliste elle-même ; nous n'avons donc pas à entrer en discussion •Yeç Mathias Fl^cius lUyricus et ses émules.
Sainte. Son style était Thonneur de Sienne et on publia un vocabulaire consacré aux expressions dont elle avait enrichi la langue *. Boccace lui-même, Boccacede qui la forme avait fait excuser tant de choses, n'écrivait pas mieux, disent les critiques italiens, et quand le goût sévère des hommes du nord reproche à Catherine de voiler sous des images incohérentes parfois, étranges ou trop cherchées, la grandeur de. ses pensées et l'élévation de ses sentiments, on peut répondre que ces images appartiennent à la littérature de son temps et de son pays. Accoutumés à ce langage, ses concitoyens, ses contemporains n'en eussent point aisément entendu un autre '.
A rétranger,commc en Italie, les vertus de Catherine furent célébrées du haut de la chaire ; on conçoit avec quel accent, quand ses amis, qui joignaient à une véritable éloquence la douleur de la séparation, devenaient ses panégyristes ^ Partout on chantait des vers où se trahissait l'amour filial de ses disciples. Les actes héroïques de sa vie, transportés sur la scène, étaient le sujet de drames pieux où l'élévation des enseignements faisait un heureux contraste avec la naïve simplicité de la forme *.
2. C'est le style de Tapôtre, dit, avec TEglise, récrivain protestant Hase. [BlBLIOQBAPHIK D. XII.
3. Processas ; attest. P. Caff. D. Mart. VI, 1254. — Sermo comp. in A D, 1382. Gag. de Anglia. — Ser. scritto in onore diSta Cat. Fr. Tom da Siena. -- Sermo aoomendat. B. Kat de S. Ant. de Bocha. [Bibliographib F. I, III, VII.]
4. Neri dei Pagliaresi, J. del Pecora de Montepnloiano adressèrent des vers à la Bienheureuse. [Bibliographib E. I.] Ser
A la prière des disciples de Catherine, le P. Raymond écrivit sa vie. On n'attendait pas seulement de lui un de ces récits naïfs et touchants qui charmaient le moyen âge ; on lui demandait une œuvre critique inattaquable. Le schisme faisait à Catherine une.situation particulière ; si elle avait ses dévots, elle avait aussi ses détracteurs, et son historien devait être en même temps son apologiste. Pendant de longues années le P. Raymond travailla ; il s'aida des cahiers que Thomas délia Fonte écrivait comme une sorte de journal au cours des événements de la vie de Catherine * ; il reçut et vérifia le ténjoignage des contemporains ; il recueillit ses propres souvenirs , et si sa mémoire fatiguée était prête à le trahir, il lui semblait que la Bienheureuse « le secourait et conduisait sa main *. » Ainsi il termina en 1395 un beau livre intitulé Legenda Beatâs KcUarinsB de Seiiis^ dans lequel la raison s'unit à la foi pour expliquer le côté surnaturel de cette admirable vie. La Légende fut répandue à l'infini non seulement dans le texte original, mais sous des formes diverses : simplifiée par le P. Caffarini, puis remaniée, abrégée par lui et par d'autres , enfin traduite en plusieurs langues ^.
Christophe de Gano écrivit en son honneur des chants dont les laïques faisaient retentir les voûtes du dôme de Sienne. Etienne Maconi composa sur sa vie des mystères, où Ton trouva sans doute le canevas des drames naïfs qui sent parvenus jusqu'à
nous. (BlBLIoORAPHIB E. X.)
1. Singularia et mira sanctsB CatherinsB Senensis. Il en reste peu de fragments publiés par les Bollandistes.