B. Raym. II
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Dès l'invention de rimprimerie, les savants typographes Dominique de Pistoie et Pierre de Pise préparèrent l'édition italienne que les Dominicaines du couvent de Ripoli imprimèrent de leurs mains.
Depuis ce moment jusqu'à nos jours, les presses de beaucoup de pays ont souvent reproduit l'œuvre du Maître-Général des Dominicains. Uimmense succès de son livre , succès qui, au nioment du procès de Venise, portait à reprocher aux dépositions le moindre manque de concordance, même insignifiant, avec l'ouvrage du P. Raymond , a fait disparaître des documents précieux ; dans rOrdre des Prêcheurs, la Légende semblait parfaite et Ton perdit plusieurs des récits sur lesquels elle s'appuie. Singulièrement scrupuleux , le P. Raymond n^ admettait les faits les plus simples, qu'après avoir contrôlé non seulement la valeur du témoignage, mais le degré de foi mérité par le témoin, et cela donne à son livre une valeur historique, sans exemple au xiv* siècle; de plus, savant et théologien consommé, il racontait les relations surnaturelles delà Sainte avec un jugement sûr; pourtant le lecteur ne se sent point satisfait, car Raymond laisse dans l'ombre maint côté de la vie qu'il raconte. Ici il passe sous silence le détail des événements, l'énumération de miracles qui mettraient du charme, de l'animation, dans son récit, parce que, dit-il^ tant de choses rempliraient des volumes ; là il voile quelques rayons de la gloire qu'il proclame, parce qu'en racontant la réailisation de certaines prophéties, il irriterait les puissants de ce
monde * ; aussi regrettons-nous de ne pouvoir retrouver les cahiers du bon Père délia Fonte ; sans doute ils décrivaient la jeunesse d'une sainte, poète et artiste, avec cette « poésie plus vraie que l'histoire » dont Gérard de Frachet entoure comme d'une auréole la tête de Dominique et de ses premiers compagnons.
Les volumes des biographes qui ont consacré à Catherine leur talent ou leur bonne volonté forment une vaste bibliothèque ' ; mais a-t-elle vraiment trouvé un historien ' ? Rayonnants de la lumière divine qui leur est si abondamment octroyée, les saints dominicains, plus que tous les autres, éblouissent le regard et déconcertent Tétude profane. L'auteur rationaliste comprendra la nature, le dévouement, Faction de beaucoup d'entre les saints; il saura les dépeindre, selon quelques aspects, avec vérité; mais la figure des disciples de Dominique reste voilée pour lui *. La splendeur de leur foi fait autour d'eux une nuée lumineuse qui les