BlBLIOQRAPHIB C. et D
3. Le Yolame de Mgr Oapecelatro, qui met en relief avec une si magistrale autorité la mission politique de Catherine, n'est poînt,dans la pensée de l'auteur, le sous-titre l'indique, l'histoire oomplète d9 la Sainte.
4. M. Hase le prouva lorsqu^après le succès de sa biographie de saint François, il écrivit la vie de sainte Catherine ]de Sienne ; on trouve un exemple encore plus frappant de ce que nous avançons dans un ouvrage récemment mis à l'Index : la Vie de saint François d'Assise par Panl Sabatier , quand, après avoir renda avec une chaleur entraînante le côté poétique, passionné de la nature de saint François, l'autour se trouve amené à parler de saint Dominique.
rend inintelligibles à la seule raison ; en eux la grâce transforme la nature à un tel degré qu'elle la dérobe au regard. Quand on ne voit pas le saint, profondément original sous Tinspiration du Saint-Esprit, on voit faux ou Ton ne voit pas. Ceux qui ont en visage le rôle historique de Catherine sans tenir compte de sa vie intérieure ont donné d'elle une image défigurée et autrement mutilée que lorsqu'à un point de vue humain ils ont parlé de saint François d'Assise, de sainte Brigitte ou même de sainte Thérèse : Catherine n'aura donc point de biographe pleinement éclairé hors de l'Eglise, et on serait tenté d'ajouter hors de son Ordre *.
Un jour, quelque disciple de saint Thomas, poète comme Tétait Henri Seuse, racontera dans les termes sobres et simples, qui sont le langage de l'apôtre, ce que fut Catherine au milieu d'une société en décadence, où les hommes luttaient pour se disputer la puissance et surtout la richesse, sans que l'Eglise soutînt la Foi par l'exemple du clergé. Cette vierge intellectuelle, inspirée, qui dès la terre se détache dans Tazur éternel où elle vivait grâce à son union au Christ, il nous la peindra avec toute la vérité que donnent les documents historiques, mais sur le fond doré, ensoleillé des légendes *, comme la peignait Fra Angelico, car la représenter autrement, ce serait jeter les ombres de notre siècle
1. Après Baymond de Capoue,le meilleur est, au dire de tous, une religieuse dominicaînedu Tiers-Ordre régulier. [Bibliographie D. XV.]
2. UniBBant ainsi la vérité du milieu et du sentiment, à la vérité historique et théologique.
byGopgle
sceptique entre elle et le jour de son siècle de foi. Ce théologien, ce poète, cet apôtre nous fera comprendre le mouvement de Catherine vers Dieu qui l'appelle, mouvement si fidèle, qu'en la Sainte, la nature disparaît dès la première épreuve, dominée par Taction divine. Enfant prévenue de la grâce, vierge dont le seul aspect réjouit et console, Sœur austère de la Pénitence, femme inspirée et théologienne mystique, dévote de rEucharistie, Apôtre qui éclaire par sa parole , mère spirituelle qui transforme par sa direction, ambassadrice, conseillère de la papauté, pacificatrice, témoin choisi de Dieu afin que la vérité soit proclamée au moment du schisme, victime pour TEglise jusqu'à la mort, Catherine se dressera devant nous toute vivante. Alors son désir de se donner au delà du possible, avec des ardeurs infinies comme Famour, le désir qui résume sa vie et explique sa mort se perpétuera en se communiquant à des disciples nouveaux : « Offre ta vie pour l'Eglise, répétera Catherine à chacun d'eux, c'est à cette fin que le Christ t'a choisi ; ne t'accorde aucun repos. » Et comme la Sainte au seuil, au cours et au terme de sa mission apostolique, des apôtres dignes d'elle, pressés par la grâce, s'écrieront, eux aussi : « Je le veux! Seigneur, que votre volonté soit faite ^ »
Ce que fut, en 1380, la douleur des disciples de Catherine, quand ils se virent séparés d'elle, on le sait par les lettres qu'ils s'adressèrent. « Comment vivrons-nous maintenant que notre mère, que