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soif Bin'RÉE DANS LE TIERS-ORDRE 39
de la vérité. « Je suis le Dieu immuable, disait le divin Maître à son écolière, et je ne me détourne jamais des hommes ; je leur montre la vérité en me rendant visible à leurs yeux. Je leur ai prouvé que sans moi tout est amer; mais perdus dans les ténèbres de Tamour désordonné des créatures, ils ne me connaissent pas et ne se connaissent pas euxmêmes. Vois combien sont fous ceux qui meurent de faim plutôt que de traverser quelques épines ; ils ne peuvent pourtant pas fuir les peines, car dans cette vie nul n'est exempt de croix. Seuls ceux qui portent leur croix n'en sentent pas le fardeau *. »
Catherine résolut de porter sa croix avec la vaillance joyeuse qu'entraîne la libre consécration de soi au Seigneur. Désormais elle agit comme si elle avait prononcé les trois vœux de religion, dont le Tiers-Ordre demande l'esprit.
Toute Tannée du noviciat fut pour la jeune fille un temps de recueillement profond. Fidèle au silence conseillé sans cesse par les saintes Écritures, elle ne parlait à des personnes étrangères que sur l'ordre absolu de son confesseur, et jamais elle ne sortait, excepté pour aller à l'église '. La règle, les secours qu'elle offre, les pénitences qu'elle ordonne, le type qu'elle impose à ceux dont elle gouverne la vie, tel était le sujet des réflexions de la novice. Avec « ces larmes de charité qui contraignent la miséricorde divine à se tourner vers nous, avec ce désir