‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 34 sur 282 · B. Raym. I, 3, 7, 11. — Lett. 221. -^ Dlal. CLXVI · texte numérisé non relu

B. Raym. I, 3, 7, 11. — Lett. 221. -^ Dlal. CLXVI

2. Les paroles surnaturelles dont on fk àe fréquents exemples dans l'ancien et le nouveau Testament sont auriculaires^ imaginaires et intellectuelles. La théologie mystique denne & ce sujet de nombreuses explications dont on trouve le résumé dans le ' Traité dé la Vie Intérieure dn R. P. Mey^ard, des Frères Prêcheurs. Clerm.-Ferr. et Paris, 1889. TheoJ. Myst. iv, 2.

C'était retirée en lui qu'elle concevait, connaissait et aimait son propre être et les créatures. En lui et avec lui elle gardait souvenir de la création. « Nageant sous la vague, disait-elle, le plongeur touche seulement les eaux et ce qu'elles renferment ; il ne voit les choses du ciel et de la terre qu'à Tétât de figures reflétées sur les flots; ainsi en Dieu, hors de tjui rien n'existe, je perçois la création dont je fais partie. »

La première, la plus haute des vérités était révélée à Catherine ; elle comprenait que Dieu seul a fêtre par essence, qu'il est l'Être nécessaire aux êtres contingents, leur principe, leur soutien et leur fin.

La docilité de Catherine lui valut une seconde leçon du Maître. Après avoir éclairé Tintelligence, ce fut à la volonté qu'il s'adressa. « Pense à moi, ma fille, dit-il, et je penserai à toi. » Jetés dans cette âme préparée à les recevoir, les deux enseignements du Verbe hâtèrent le grand mouvement qui tôt ou tard sort les saints d'eux-mêmes pour les laisser uniquement * occupés du plan de Dieu. Mais la Dominicaine n'entendait pas seulement YEgredere si souvent répété par le Seigneur ; elle n'était pas seulement conviée à quitter toute passion terrestre, à s'élever au-dessus des • amours d'ici-bas pour suivre au travers des souffrances son Epoux divin ; il y avait un échange de pensées entre elle et Celui qui était sa perfection et sa béatitude, et cet échange ôtait tout sentiment de sacrifice au don entier de soi. Le doux mystère de la Providence devenait visible. Catherine se sentait environnée

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d'une atmosphère de sécurité. N'être rien, n avoir rien, ne vouloir rien, lui devint une joie dans les bras de cette paternité qui, étant la vie de tout, pour* voit à tout. Aussi la jeune fille perdit jusqu'à la sollicitude des récompenses éternelles. S'occuper de soi lui parut indigne de sa vocation. Contempler la Bonté infinie, progresser dans Funion avec Elle et au terme se consommer en Elle, voilà la seule destinée qu'elle envisageait; le reste disparut*. Comme saint Dominique, la Tertiaire ne s'entre^ tint plus que^ du Seigneur ou avec lui. Sans étude, elle vit le monde naturel et le monde surnaturel tels que les décrivent les savants et les théologiens^ surtout ceux des Frères Prêcheurs. Elle proclama le rôle de la raison dans la recherche du Créateur, elle parla sur Tessencc et la providence de Dieu avec un enchaînement de pensées et une propriété de termes qui rappellent maître Albert le Grand et saint Thomas ; enfin ses descriptions de la beauté incréée qui seule réjouit pleinement le cœur eurent avec les chants des poètes dominicains de vibrantes harmonies. Pour objet de sa contemplation, Catherine gardait la vision de son enfance. Le spectacle offert à ses yeux et gravé dans sa mémoire d'une manière sensible était devenu intelligible à sa raison, et la divine vérité éclairait ce spectacle de lumières toujours plus vives. Quant à l'oraison, la Sainte en recevait la méthode de

1. Lettere 13, 23, 66. — B. Raym. 1, 10. Les réflezioiiB dont noas Accompagnons les paroles de la Sainte sont tirées de ses lettres on ont été faites par elle an B. Raymond.

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SON ENTREE DANS LE tlERS-ORDRE 59

saint Paul sous une forme toute dominicaine. Elle connaissait la prière continuelle qui vient du désir d'offrir à Dieu toutes ses actions ; Toraison vocale où, luttant contre les obstacles extérieurs, la volonté exerce le corps et prépare Tâme à la visite du Seigneur ; enfin Vôraison mentale qui, se dégageant peu à peu de Toraison vocale, domine la région sensible, revêt Tintelligence de vérité et Funit à Dieu par un mouvement analogue à celui des anges ^ Dans Vintimité que la prière établissait entre Catherine et le Maître divin, il gravait le sceau dogmatique de l'Ordre des Prêcheurs au cœur de cette Tertiaire, et quand, à l'exemple des disciples du Christ, la jeune vierge demandait une foi parfaite, inébranlable, elle recevait les lumières spéciales réservées aux Apôtres.

Le Seigneur Jésus continuait de se révéler à Catherine avec une clarté toujours plus grande ; il permettait à cette intelligence de pénétrer profondément le mystère divin , afin que la Vérité éternelle s'emparât de cette volonté et l'entraînât dans l'amour. Sous Tinspiration divine^ la fille de saint Dominique disait : la foi est la mesure de la charité M

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