Signum accepit confirmatœ gratiœ, B. Raym. I
sance faisait momentanément disparaître lanneau mystérieux.
Épousée par un Époux avec lequel Funion est d'une intensité qui dépasse toute conception terrestre *, Catherine fut associée aux labeurs et aux sacrifices de son Époux. Ce n'était pas dans la joie, mais dans la douleur et le travail, qu'elle pouvait enfanter les âmes à la vie éternelle ; aussi fut-ce à rinstant où le jour des contemplations divines semblait luire pour elle dans toute sa plénitude que le Maître l'obligea à redescendre sur la terre : « Va, commanda-t-il, va auprès de tes parents, asseoisloi à leur table, puis tu me reviendras. » Ces paroles semblèrent à Catherine un châtiment : « Mon doux Seigneur, murmura-t-elle sans pouvoir retenir ses larmes, pourquoi me chasser de votre présence ? Si j'ai offensé votre Majesté, punissez mon corps prosterné devant vous ; être séparée de vous est au-dessus de mes forces ! Que ferais-je à la table de mes parents ? Leur nourriture ne m'est de rien, car l'homme ne vit point de pain matériel , mais des paroles que vous proférez. J'ai fui la conversation des créatures pour vous trouver ; je vous possède ; comment laisseraije les créatures m'éloigner de vous ? — Cesse de pleurer, ma fille, répliqua le Sauveur avec le sourire qui est la joie des élus ; il faut que ma justice s'accomplisse en toi, afin que tes vertus soient non seulement fécondes pour ton âme, mais aussi pour celle de ton prochain ; je veux t'unir à moi
l.Letl6ra36d.
par les. liens de la charité envers les autres. Tu sais que deux commandements, Tamour du prochaip et Tamour de Dieu, renferment la loi. Il faut que ces commandements te soient comme des pieds poujp marcher, comme des ailes pour volçr et m'amcner des âmes. Ne demandais-tu pas. jadis à prendre Thabit des Prêcheurs afin d'aller en de lointains pays évangéliser les hommes ? N'était-ce point par une dévotion particulière à mon serviteur Dominique qui a surtout fondé son. Ordre pour Tapostolat ? Te plaindras-tu, si je te conduis où tu désires aller depuis ton enfance ? — Seigneur, reprit la Dominicaine, que votre volonté s'accomplisse : vous êtes lumière et je suis ténèbres ; vous êtes l'Être, je suis le néant ; vous êtes la sagesse du Père, et moi je suis une ignorante ! Mais com^ ment me montrer utile aux âmes ? les femmes n'ont aucune autorité sur les hommes. — J'ai créé l'homme et la femme, dit le Maître, et je souffle oti je veux la grâce de mon Esprit. Il n'y a pour moi ni dififérence de sexe, ni différence de condition ; il m'est aussi facile de créer un ange qu'une fourmi et des cieux nouveaux qu'un ver de terre ; rien d'intelligible ne peut m'être impossible. Ne t'inquiète pas des moyens. Les orgueilleux, les faux savants dont le monde est rempli, mériteraient un châtiment de ma justice ; ma noiiséricorde leur enverra des femmes faibles par nature, puissantes par ma grâce, pour les exhorter. S'ils comprennent cet abaissement infligé à leur superbe, s'ils s'humilient devant elles comme les juifs et les païens se sont humiliés devant les
apôtres, j^ pardonnerai; sino« CQp fous deviendront la risée du monde. — Seigneur, quç vouless-vous que je fa^se ? s'écria la jeune apôtre. — Ma fille, rends gloire à Dieu, fatigue-toi au service de ton prochain, obéis^ i^etourne^ parmi l^s hommes : je t'accompagnerai, je te dirigerai \ >)
Les prome^aes d'un tel avenir pouyaiept à la fois éblouir,' enivrer, et séduire. La Tertiaire ; lU'y vît que la volonté du Christ, En. la renvoyant parmi les hommes,, illui ordonnait simplem^ent de renoncer à sa reclusipn. Elle se leva do.QC. aussitôt du lieu oi\ elle était), prosternée et aUa, uqn point évan-* géliser le n;Londe, mais tout simplement se mettre à tablet. Peu à pew elle se mêla aux travaux .de, h famille, SadtiaaLqiie les aictes d'humilité préparent singulièrement ^ Tapostolat, elle .choisit de préfér rence l^s plus vijb?. La servante du logis étant encore tombée malade, elle la soigna, et prit isa .place. Malgré les, protestatiop.S; de tous, la jeune iille balayait la CQUr> repassait le lijige, pétrissait le pain et lavajit la vaisselle j^ enveloppant ces, actions matérielles, accomplie? avec un entrain joyeux, 4« Tatmosphère lumineviçe et chaude, qu'elle nommait l'esprit de saint Dominique *. Son union mentale
l.B. Raym. If 2;,II, 12, — Snppl. l, 1. Selon le B. Raymond, le mariage mystique de Catherine eut lieu environ trois ans après sa prise d'habit. C^est sans preuve que le P. Carapelli donne la date de 1870. La Leggendà minore dit que ce fut Vvitimù giorno dijCamesciale, Les Sîennoi^, reconnaissants de la ' faveur actîordée par Dieu à leur concitoyenne, défondirent dans la contrée de Fonte branda que Tanniversaire en fût troublé par des maseandes. [Bibliographie, KII].