‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 43 sur 282 · B. Raym. I · texte numérisé non relu

B. Raym. I

s*y crut impuissante. « Son confesseur ne lui obtiendrait-il pas de Dieu, demanda-t-elle, la grâce de pouvoir expliquer la félicité infinie cachée en Jésus-Christ ? » Enfin, contrainte par Tôbéissance, elle parla. De ses lèvres s'échappait un parfum céleste qui pénétra les assistants. Sur toutes choses elle démontrait la nécessité de se connaître, de s'anéantir, de s'expulser de son propre cœur, et d'y creuser une cellule intérieure. « Hors de sa cellule, disait Catherine, le moine est comme le poisson hors de Teau, » et puisque les Frères Prêcheurs ne sont pas seulement des moines, mais encore des apôtres, obligés le plus souvent de rent)ncer à ce lieu matériel de retraite, elle veut à leurs âmes un lieu tout intellectuel, où goûtant les secrets du silence, ils vivront dans la présence perpétuelle de Dieu. Catherine éprouve chaque jour combien il est doux d'habiter la cellule intérieure que son Maître lui donna comme refuge au temps où on la persécutait ; là on trouve Jésus-Christ, là on pleure sur ses fautes, sur celles du prochain ; là on se crucifie sur la croix avec le Rédempteur ^ Les Prêcheurs n'eurent pas de peine à comprendre le sens de cette figure, car souvent ils disaient avec saint Augustin : Noli foras ire^ ni te ipsum redi, in interiore homine habitat veritas^.

Bientôt Catherine s'adressa en particulier à chacun, et chacun entendit le langage qui devait le mieux lui convenir.

l.Lett. 26, 37,41,73, 113.

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