‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 44 sur 282 · De vera ReUgione, XXXIX · texte numérisé non relu

De vera ReUgione, XXXIX

Un Frère Prêcheur du couvent de Pise, Nicolas de (^iRScina, connu dans l'Ordre entier par ses vertus, ses austérités et ses visions, étant venxi la voir, il la trouva en extase. Insensiblement elle s^élevait de terre ; son corps n'avait rien perdu de sa pesanteur, mais il suivait le mouvement de Tâme : « 0 charité, ô vérité première ! murmurait la Sainte, que je serai heureuse quand vous me ferez la grâce de beaucoup souffrir pour votre gloire ! Si dans ce désir vous trouvez quelque chose de moi, une ombre de vanité, d'amour-propre, je vous conjure de Tanéantir. » C'était un enseignement indirect ; le Dominicain s'approcKa de TExtatique et la toucha du doigt comme si elle avait déjà été une relique. Aussitôt une odeur délicieuse s^attacha à la main du P. Nicolas, odeur perceptible pour les sens, « mais bien plus suave encore à l'esprit et à Tâme, » dit le religieux en exprimant son admiration pour Catherine *.

Il était impossible que le bruit de tels prodiges ne se répandît pas dans la ville. Les uns voulaient en apprendre le détail des Benîncasa, d'autres demandaient à voir l'inépuisable tonneau dont l'abondance était proverbiale ' ; les plus entreprenants suivaient la jeune fille à l'église afin de surprendre le secret de ses entretiens avec Dieu. Tantôt elle était enlevée dans les airs au milieu de la chapelle délie Volte, et ravie en extase, elle profé-

1. Sappl. 1, 1 ; II, 3.— ProceBSQS attest. Tb. Caff. et Barth. Dom.

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