‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 48 sur 282 · Alcuni Miracoli. 16, 17. — Snppl. Il, â · texte numérisé non relu

Alcuni Miracoli. 16, 17. — Snppl. Il, â

i four cette farine gâtée. Les pains, dont le imbre était hors de proportion avec le peu de rine qui restait, eurent une odeur délicieuse et plus agréable saveur. Alexia et sa servante en nnèrent largement aux pauvres, aux Dominicains li vinrent constater le miracle ; pendant longcnps on ne put achever cette fournée de pains

froment dont plusieurs personnes gardèrent, V dévotion, des morceaux.

CependantlesSiennois multipliaient leurs crimes, joique le régime inauguré le 24 septembre durât peine depuis trois mois, déjà on songeait à le nverser. Les Douze, indociles au partage de Taurité, s'alliaient au bas peuple pour se délivrer des îuf; la révolution du 11 décembre dépassait leur lente, et ils étaient, eux aussi, chassés par le bas iuple qui prenait goût au pouvoir. Cette populace unie en assemblée élut alors quinze Défenseurs, us choisis dans ses rangs ; mais quelques semaines furent pour miner ce singulier gouvernement: ;»s le mois de janvier on vit rentrer aux afiFaires trois embres du parti des Neufavec quatre membres du irti des Douze, et une année entière se passa penjit laquelle Catherine put prier Dieu sans être Dubléepar les cris de la foule, parles combats de

rue*.

Dans les moments de lutte, il avait été difficile IX Tertiaires de se réunir autour de leur directeur P. Montucci ; aussi Catherine, toujours effrayée s voies miraculeuses où elle marchait, chercha-

1. Moratori, XV, 194. Pour celte année la chronique Buit le Icul pisan. Cf. Art de Térifier les dates, III, 753.

t-elle à s'instruire. Comme premier pas dans la voie des connaissances humaines, elle voulut apprendre à lire. Pleine de Tesprit du Tiers-Ordre, elle éprouvait Tatlraît de réciter en commun, avec les sœurs lettrées, l'Office dominicain, qui pour elle résumait tout office de TEglise * ; puis elle désirait se nourrir 1 âme de TEcriturc sainte commentée par les Pères. Elle obtint donc qu'une de ses compagnes lui enseignât la lecture. La maîtresse était de bonne volonté, l'élève attentive, et pourtant plusieurs semaines se passèrent sans que Catherine, peu habituée aux travaux de Tesprit, pût distinguer ses lettres. Elle suspendit alors des efforts sans succès, et, humblement agenouillée au pied de la croix, elle dit à Jésus-Christ : « Si votre volonté est que je sache li^:e, daignez me renseigner ; sinon, que votre volonté soit faite, je resterai ignorante et je passerai mon temps dans la contemplation. » Au même instant elle ouvrit avec foi le manuscrit dont elle n'avait jamais pu déchiffrer la première ligne, et lut non seulement ce texte, mais encore tous ceux qu'on lui présenta : science infuse qui lui permit d'atteindre le but sans lui faire connaître les chemins qui y conduisent, car jamais elle ne sut le nom des lettres. Sa première lecture fut celle des heures canoniales. Entre toutes elle aimait ces paroles qu'elle répétait souvent en latin et en langue vulgaire : Deus^ in adjutorixim meum

1. Ainsi que nonslavons dit, les sœurs illettrées s'acquittaient de l'obligation des heures canoniales par la récitation de 77 Paler et d*autant d'Avtf. Les antres disaient le Bréviaire, qu'on permit plus tard de remplacer par TOffice de la sainte Vierge.

intende ; Domine^ ad adjuvandum me festina. Mais c'était pour d'autres desseins que Dieu lui avait enseigné à lire, car sa voix s'arrêtait malgré elle dès qu'elle récitait TOffice, et, ravie hors de ses sens, elle entrait en communion directe avec le Sauveur*. Elle l'implorait alors pour Sieinie que de nouveaux troubles agitaient.

Dès le 18 janvier 13G9, les hostilités avaient recommencé. La Seigneurie devait se défendre contre l'alliance des Douze et des Salimbeni avec l'empereur Charles IV, qui, outrepassant ses droits de suzerain, attaijuait la République au mépris de toutes les conventions. Quoique la Seigneurie l'emportât sur ses ennemis, .quoique Matteino Menzano, le vainqueur de cette journée, se montrât généreux après le triomphe, on n'évita ni les exécutions ni les meurtres, aussi difficiles à réprimer que faciles à ordonner dans les troubles civils. Terrible pour les victimes, ce temps Tétait aussi pour ceux qui décidaient des intérêts de TEtat, car les fonctions publiques entraînaient de rigoureuses responsabilités. Catherine ressentit donc une poignante anxiété quand, aux mois de mai et de juin 1370, son frère Barthélémy, compris dans la fraction des Douze qui faisait partie de la Seigneurie, siégea parmi les quinze Défenseurs, et sa seule consolation fut de répéter avec le Psalmiste :

1 Urgugieri sacre Pompe, 1, 19, 753. — Regola del Terao Ordine. Bibl. Com. de Sienne. Cod. B . VII, 6. Imp. à Turin, 1864. — B. Raym. I, 11. Dans son Cono CronoiasHco, le P. Garapelli a^ibigne à ce miracle la date de 1369 ; aucane preuve ne confirme cette assertion.

Jtixta esi Dominiis us qui ttibulato suni. corde * . En effet, le Christ fut près de son épouse durant cette année où, moins sûre de la Providence, elle eût éprouvé de constante's inquiétudes. Des grâces devant lesquelles le croyant s'abîme dans Tamour en songeant que Dieu daigne les accorder à une créature humaine, firent descendre la paix du royaume céleste au milieu des luttes républicaines.

Un jour, c'était le 16 juia 1370, effrayée et comme chargée des crimes du peuple, Catherine restait à Tentrée de l'église, n'osant s'approcher de la sainte Table. Tout à coup les esprits invisibles l'enlevèrent et la déposèrent devant l'autel parmi les communiants. L'hostie sainte était sur ses lèvres, et elle s'accusait encore* de son indignité ; alors un feu divin embrasa son être, le sang du Rédempteur l'inonda ; elle sentit son âme et son corps lui-même régénérés par la grâce. L'amour la possédait si complètement que, saisissant dans ses mains brûlantes les mains des compagnes qui l'entouraient, elle leur communiqua d'une manière sensible le feu que le Seigneur Jésus venait d'allumer en elle. « Recommande-moi à ton Epoux, afin que je devienne meilleure, s'écria Tune des Tertiaires. — Tes fautes passées sont pardonnées, répondit l'Extatique rayonnante de joie, conforme-toi à la volonté divine, je te promets la vie éternelle. » La Sainte obtint aussi pour sa patrie Tespoir de jours meilleurs ; elle en vit luire Taurore quand

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