‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 54 sur 282 · Palpate et videie, Luc. xxvi · texte numérisé non relu

Palpate et videie, Luc. xxvi

2. NoH me tangere, nondum aecendi ad Pafrem meum, Joan. XX, 17.

recevoir sur la terre les « arrhes de la vie éternelle* ». Au jardin du saint Sépulcre, Marie-Magdeleine avait cru s'unir à son Dieu ; il lui fut commandé d'attendre ; à son tour Catherine entendait le noli me tangere de Jésus'. Sachant qu'on trouvera Dieu au terme de la vie dans la mesure faite ici-bas par la charité, elle s'inclina : « Seigneur, que votre volonté s'accomplisse ! » L'union du ciel n'était point encore permise, la Sainte demanda donc au Christ l'union la plus étroite avec lui qu'on ait ici-bas: « Seigneur, ajouta-t-elle, sivous ne m'unissez point maintenant à votre Divinité dans le ciel, laissez-moi sur la terre participer à votre Passion *. » Aussitôt une navrante douleur oppressa Catherine. Son âme partageait le délaissement, l'abandon de l'âme du Rédempteur. Ses membres « cloués en croix avec le Christ » étaient si violemment tendus que les os de sa poitrine lui semblaient se briser. Jamais elle n avait éprouvé un pareil martyre; elle devait l'endurer toute sa vie, et pourtant sa volonté ne fléchissait pas. Craignant que les faveurs divines ne lui fissent perdre le sentiment de son propre néant, elle demandait au contraire à son Sauveur de dompter en elle tout orgueil par la soufiTrance.

La veille du jour où l'Eglise célèbre la conversion dujuifSaul trouva Catherine dans ces sentiments ; de nouveau saint Paul daigna lui apparaître. Durant

1. Cette expression de saint Paal, familière au B. Albert le Grand et à d'antros mystiques de l'Ordre, se retrouve sans cesse sons la plnme de la Dominicaine.

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