B. Raym. II, 6. — SnppL, II
plus de quarante-huit heures elle demanda et reçut ses enseignements. « 0 saint Apôtre, disait-elle, le jour où le Verbe divin vous amena de l'erreur à la Vérité, ravi par une extase, vous vîtes la divine Essence en trois personnes. Après avoir repris l'usage de vos sens, ce fut le Verbe incarné qu'il vous était donné de contempler. Dépouillé de la joie de ^Essence divine *, vous vous êtes revêtu du Christ en comprenant que, par ses souffrances, il était la gloire de son Père et notre salut ; ni avec le Père ni avec le Saint-Esprit vous ne pouviez trouver la souffrance ; vous avez donc oublié tout le reste pour ne plus rien savoir que Jésus crucifié. » A cette prière écho de sa parole inspirée, saint Paul répondait, il exhortait sa « douce fille » à s'attacher comme lui au Christ par les liens étroits de Tamour, qui ne se détendent ni ne se brisent jamais. Et ce Christ que la jeune vierge aimait jusqu'à souhaiter mourir pour s'unir à Lui, voici qu'il vivait en elle d'une vie réelle, efficace, dont chaque opération rapprochait du terme de toute vie, le Père qui est aux cieux*.
Lorsque Catherine revint à elle, les cloches appelaient les fidèles à la messe du dimanche. Elle se rendit en toute hâte à Camporeggi et se prépara à la communion ; mais ce fut en vain qu'elle alla de l'autel de Saint-Pierre Martyr à la chapelle des Ter-