Spogliato fa del diletto délia divina Enenzia
2. Lett. 134, 217, 226. Nous avons joint au récit du D. Raymond [11.6.] quelques paroles d'une prière [Orationexxni.] qu'il recueillit plus tard sur les lèvres de sa pénitente.
tiaires : le prieur avait défendu qu'on lui donnât TEucharistie ; aussi les trois religieux qui successivement célébrèrent la sainte messe furent-ils unanimes dans leur refus. Pourquoi cette rigueur? Craignait-on le trouble que ses ravissements causaient à la foule ? Voulait-on l'éprouver par la plus cruelle des privations ? Sans discuter, elle fit un acte d'humilité et se soumit.
Elle quittait Téglise quand elle se trouva en présence des trois personnes de la Trinité. Une main de feu tenait Fhostie qui rachète les péchés des hommes. « Ma fille, dit une voix mystérieuse, plusieurs fois je t'ai communiée sur terre en te donnant mon corps ; aujourd'hui je veux te communier au milieu même de l'incompréhensible lumière de la Trinité. » La voix prononça les paroles de la consécration telles que les prêtres les récitent à l'autel. La main de feu plaça l'hostie sur les lèvres de Catherine, et une force divine, cette force qu'elle demandait sans cesse au Saint-Esprit, l'envahit. La Providence illuminait son intelligence; les trois puissances de son âme étaient absorbées par les trois personnes divines ; son corps s'élevait audessus du sol, tandis qu'elle percevait le parfum, qu'elle goûtait sensiblement la saveur du sang de Jésus. Enseignée par Marie-Magdeleine, instruite par saint Paul, elle était appelée de Dieu à l'extrême limite où d'ici-bas, quelques créatures contemplent le mystère de la Divinité.
Comment retouj*na-t-elle dans sa cellule? elle ne le sut jamais; son ange gardien avait conduit ses pas. Maintenant, à genoux devant le crucifix, elle
songeait à lamour du Sauveur qui, souvent rebuté, ne se lasse jamais ; elle voyait le Rédempteur donner sa vie dans un martyre dont la mort n'est que la moindre part. Tout à coup, ressentant combien elle était elle-même aimée de Jésus-Christ, cette femme si vaillante contre de déchirantes souflfrances ne put résister à la joie. Envahi par un amour « plus fort que toute force % » son cœur se brisa, son âme s'élança vers Dieu. C'était la vision béatiiique entrevue! Sans en jouir pleinement encore, elle contemplait la félicité des élus. La poignante angoisse du purgatoire, les horreurs de Tenfer lui étaient aussi révélées.
Cependant, son corps inanimé gisait sur le plancher de sa cellule. Lapa et Lisa, voyant leurs efforts impuissants à rappeler Catherine à la vie, avaient fait avertir le P. Thomas délia Fonte; il accourut accompagné du P. Caffarini. Les Dominicains croyaient leur amie malade, ils la trouvèrent morte! c Catherine, la fille de Lapa, n'est plus, » se dit-on bientôt tristement dans les cloîtres de Camporeggi. Le Père Maître des Sœurs de la Pénitence Barthélémy dci Montucci, quitta aussitôt le couvent et alla, avec un convcrs nommé frère Jean, voir une dernière fois la sainte de la Fraternité. En ce moment le P. dei Dominici prêchait le panégyrique de sainte Paule. Lorsqu'il descendit de la chaire, il ne voulut pas croire les nouvelles qu'on lui annonçait et se précipita à Fontebranda. Dès les premiers pas qu'il fit dans la rue, ses espérances s'évanoui-