Processus attest. P. Barth. Domin. D. Mart., VI
2. Voir dans le Catéchisme chrétien pour la vie intérieare, 2** partie. Leçon X, comment M. Olier s^est exprimé au sujet de ces sentiments de Catherine.
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Capoue trouvait qu'en contrariant à ce point la direction du Saint-Esprit sur une vie qui était un perpétuel miracle, les ignorants et les orgueilleux faisaient de la jeune vierge une véritable martyre, a Dans la lutte contre la tentation, avouait ensuite Catherine , j*ai puisé la force , le goût de souffrir en me rapprochant de Dieu par la prière; dans ma cellule intérieure j'entends la voix divine ; le Christ a été mon unique Maître, il me parle comme je vous parle ; quand il me dit : pense à moi, et je penserai à toi, il m'ôta toute pensée personnelle de moi et de mon salut. Il devait veiller à tout, tandis que je songerais sans cesse à lui, non en vue de la récompense, mais à cause de l'union parfaite avec l'Infini. Lorsqu'il me fallut retourner parmi les hommes, mon cœur se brisait de douleur ; mais les persécutions que j*ai endurées étaient le juste salaire de mes péchés ; la vue de Tàme de Palmérina, dont la beauté éclipsait toute beauté matérielle, m'a rendue aveugle aux actes extérieurs des corps ; toute mon attention se porte désormais sur l'état des consciences. L'eau sortie du cancer d'Andrée a été pour moi un breuvage d'une douce saveur, dont la fortifiante vertu ne cesse point d'agir. j>
Au « père de son âme, > Catherine ne taisait rien des prodiges de! 370 et de 1 371 , de ses relations avec la Vierge Marie et les saints, de son adoption par Marie-Magdeleine. Le confesseur voyait Tintimitéde sa fille spirituelle avec la grande pénitente commencer à l'heure où Catherine pleurait son péché de coquetterie, puisse resserrer quand la Tertiaire
dominicaine fut appelée à réveiller la vie du Christ ressuscité en l'âme des Frères Prêcheurs, enfin il voyait l'union des deux femmes prendre un caractère nouveau lorsque se dressait devant Catherine l'autel où, victime par amour, elle se consumerait pour l'Eglise. « C'est ainsi, disait simplement la jeime vierge, qu'une pécheresse a été donnée pour fille à une sainte qui avait autrefois péché, afin que sa mère, se rappelant combien la nature est fragile, combien Jésus-Christ est miséricordieux, compatît aux faiblesses de la pécheresse et lui en obtint le pardon. »
Clairement le théologien contemplait cette âme confirmée en grâce, conduite par Dieu à la perfection de la foi et à la perfection de la charité. Quand elle décrivait sous la figure qu'elle aimait entre toutes, celle du plongei^r au sein de TOcéan, son absorption dans la divinité, il la comprenait. Autant qu'on peut concevoir pareil miracle, le P. Raymond pénétrait le mystère de ce temps oîi Tâme de Catherine restait séparée du corps sans vie ; il remerciait le Seigneur de la vue surnaturelle des tourments de Tenfer et des peines du purgatoire accordée à l'apôtre dominicaine. « Ce que j'ai vu, aucune parole ne le rend, disait-elle ; si les humains se le figuraient, ils aimeraient mieux subir mille morts que d'en supporter une part légère ; » et elle ajoutait les plus saisissants tableaux des punitions assignées aux péchés que nul ne voit, aux péchés qu'on songe peu à éviter ou à expier, tant la force de Thabitude atténue la contrition qu'on éprouve. Complétant les récits qu'elle faisait lors de sa mort miraculeuse,
elle décrivait avec détails le brisement de son cœur. Quant à la divine Essence, l'entendement était trop faible pour concevoir, le langage humain impuissant à révéler ce qui lui avait été dévoilé alors ; mais elle souffrait des conditions de la vie terrestre au point qu*elle serait morte sans Tamour envers Dieu et envers le prochain qui alimentait sa vie : € Plaignez-moi, mon Père ! s'écriait-elle ; de la lumière j'ai été rejetée dans les ténèbres ; j'aime avec ardeur les âmes que Dieu m'a confiées pour les convertir parce qu'elles me coûtent bien cher ! » Tant de révélations extraordinaires finirent par jeter le P. Raymond dans de grandes perplexités. Si son expérience l'avait initié aux formes variées de la sainteté, il avait aussi, appris à se défier de la pente vers le merveilleux qui entraîne les femmes loin de la vérité. Bien que les récits des Siennois sur Catherine, et en particulier le témoignage du P. Barthélémy, esprit observateur et perspicace, fussent à l'appui de ce qu'elle disait, le directeur ne savait où se prendre pour croire ou pour douter. Afin de se donner un point de comparaison qui lui permit de mieux juger, il entretint sa pénitente d'Agnès de Montepulciano dont il écrivait l'histoire, après avoir dirigé le monastère où elle avait vécu. Catherine parla de la promesse que le Christ lui faisait de l'unir à sainte Agnès dans une même gloire, et elle dit son désir d'aller à Montepulciano prier près des reliques avec les sœurs du second Ordre. Le P. Raymond et Thomas délia Fonte permirent le pèlerinage, ils s'y associèrent, et on emmena plusieurs Tertiaires. Arrivées les
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premières, les.Sœurs de la Pénitence furent aussitôt conduites devant la châsse, qu'on ouvrit. Catherine s'inclinait pour baiser les reliques d'Agnès, quand, à la stupeur des Dominicaines cloîtrées, le pied de leur Sainte se souleva et s'approcha des lèvres qui le cherchaient.
Lorsque les confesseurs de Catherine la rejoignirent, tout le couvent était ému de ce mirale. Soucieux de le constater, Raymond de Capoue rassembla les sœurs en chapitre et le& interrogea. Les unes trouvaient que ce prodige prouvait la sainteté de la Tertiaire siennoise, d'autres protestaient du contraire. « Les intentions de la bienheureuse Agnès ne sont pas ce qu'on suppose, murmura une vieille professe en. baissant les yeux. — Ma sœur, repartit finement le P. Raymond, nous ne vous interrogeons pas sur les intentions de la bienheureuse Agnès, nous savons que vous n'êtes ni son secrétaire ni sa confidente ; nous vous demandons si son pied s'est soulevé. » Comme toutes ses compagnes, la religieuse affirma un fait qu'on ne pouvait nier*.
Ce miracle est-il la réponse de Dieu à mes doutes, pensa le Père Raymond ; mais il ne conclut pas. Indécis par nature, humble par grâce et par vertu, il accusa son imperfection des ténèbres qui Tenveloppaient, et se dit que s'il obtenait une contrition surnaturelle de ses péchés par l'intercession de sa pénitente, il la tiendrait pour sainte. Il sollicita donc des prières, expliquant très peu clairement qu'il