I.A SOCIÉTÉ ROMAINE
Quant à la tombe de Pierre, enfouie d’abord sous le sol du champ Triomphal, à quelques pasdu cirque de Néron, les somptueuses constructions qui l’ont successivement entourée depuis Constantin, ne lui ont point enlevé son immobilité. Des degrés conduisent au niveau du sol de la crypte des Cornelii, et le pèlerin qui les a descendus se trouve en présence de la Confession immortelle, centre et rendez-vous du monde entier. C'est là que Pierre repose « tout près du lieu où il fut crucifié », comme l’atteste, avec le I.iber ponlijicalis, la tradition de douze siècles. A quelques pas, près de l'endroit où l'on vénère la statue de bronze du prince desapôtres, s’éleva la croix, à l’ombre du térébinthe. La coupole lancée dans les airs par le génie de Michel-Ange désigne à la ville et au monde le lieu où dort le pécheur galiléen, vainqueur et successeur des Césars, résumant dans le Christ, dontil est le Vicaire, les destinées de la ville éternelle.
La seconde gloire de Rome est la tombe de Paul sur la voied’Ostie. Constantin voulut aussi l’entourer de splendeur, en construisant autour d’elle une immense basilique; mais le cimetière souterrain qui rayonnait du sépulcre de l’apôtre ne fut point intercepté. En 1837, sur le pan d’un des murs ruinés du transsept de gauche nous pûmes lire encore cette inscription :
SV B HOC PAV1MENTO TESSEI.I.ATO EST CAEMETERIVA S. I.VCINAE MA- TRONAE IN QVO PLVRIMA SAN CTO R VM MARTYRUM CORPORA REQ V I ESC VN T.
Ce cimetière d’ailleurs, quoique très-vaste, ne fut jamais compté parmi les plus célèbres de Rome souterraine; son honneur était d'avoir pour centre la tombe du Docteur des nations.
Cette tombe, à la différence de celle de Pierre, qui plonge dans les profondeurs de la crypte vaticane , est portée jusqu'à fleur de terre par un massif de maçonnerie sur lequel pose le vaste sarcophage. On fut à même de constater cette particularité en 1841, lorsque l'on reconstruisit l’autel papal. Il * parut évident que l’intention de soustraire le tombeau de l’apôtre aux incon vénients qu’amènent les débordements du Tibre avait obligé de soulever ainsi le sarcophage de la place où d’abord Lucine l’avait établi. Le pèlerin n'a garde de s'en plaindre, lorsque, parle soupirail qui s’ouvre au centre
MARTYRE DES APOTRES