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de l'autel, son œil respectueux peut s’arrêter sur le marbre qui ferme la tombe, et y lire ces imposantes paroles, tracées en vastes caractères de l'époque constantinicnnc :
PA V 1.0 APOSTOl.O MARTYRE
Ainsi Rome chrétienne est protégée au nord et au midi par ces deux citadelles. Les fidèles de Rome, privés d'entendre et de voir désormais leurs apôtres, entourèrent d'une tendre vénération, au témoignage même de Julien l'Apostat, ces augustes trophées, dont la seule pensée faisait tressaillir saint Jean C.hrysostome. Entendons-le parler dans une Homélie au peuple de Constantinople. « Non, s’écriait-il, le ciel, lorsque le soleil l'illumine de tous ses feux , n’a rien de comparable à la splendeur de Rome versant sur le monde entier la lumière de ces deux Hambeaux. C’est de là que sera enlevé Paul, que partira Pierre. Réfléchissez et frissonnez déjà à la pensée du spectacle dont Rome sera témoin, lorsque Paul avec. Pierre, se levant de leurs tombes, seront emportés à la rencontre du Seigneur. Quelle rose éclatante Rome présente au Christ ! Quelles couronnes entourent cette cité ! De quelles chaînes d'or elle est ceinte ! Quelles fontaines elle possède ! Cette ville fameuse, je l'admire, non à cause de l’or dont elle abonde, non à cause de ses fastueux portiques, mais parce qu’elle garde dans son enceinte ces deux colonnes de l’Église. » [Homil. xxxu, in F.pist. ad Rom.)
La carrière personnelle de Pierre était donc achevée. Vingt-cinq ans s'étaient écoulés depuis ce jour de l’année 42, où, obscur et sans appui, il avait abordé dans Rome; il la laissait toute pleine de lui jusqu'à la fin des siècles. L’empire païen luttera encore deux siècles et demi contre ce nouveau et impérissable souverain venu de Judée, qu'avaient mystérieusement pressenti les peuples, au rapport de Tacite et de Suétone. La dynastie de Pierre va suivre son cours sous le fer de la persécution, jusqu’à ce qu'enfin, ayant vaincu, elle voie apparaître Constantin qui, ébloui d'une si haute majesté , s’en ira porter jusqu'aux rives du Bosphore le trône impérial, qui dans Rome n’aurait plus que la seconde place.
Dans cette rapide esquisse, nous avons cherché à faire connaître et apprécier le rôle qui revient à Pierre dans l’œuvre de la fondation du christianisme parmi les gentils, et particulièrement à Rome. N'est-il pas apparu comme le
LA S0C1KTL ROM A I N K.
vicaire du Rédempteur des hommes, appelant toutes les classes de la société à la régénération dont l'heure était venue. Quelle grandeur, quelle bonté, quelle simplicité, caractérisèrent ce premier monarque de l'Kglise chrétienne ! Que serait-ce si, laissant reposer la plume de l’historien, et nous élevant, avec Dante, aux sommets de l'empyrée, nous voulions le montrer « au-dessous du Fils de Dieu et de la Vierge-Mère, entre le monde ancien et le monde nouveau, tenant, dans l'attitude du triomphe, les clefs du séjour de la gloire éternelle i n
* Quivi trionfa sotto l’alto Fil»
L)i Dit» et di Maria, di sua vittoria, t: con l’antico et col nuovo concilie Colui, che tien lechiavi di tal gloria.
Paradiso, canto XXIII.