‹ Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers sièclesChapitre 46 sur 113 · L. GLODIVS CRESCENS CLODIAE VICTORIAE CONIVG1 INCOMPARABILI · texte numérisé non relu

L. GLODIVS CRESCENS CLODIAE VICTORIAE CONIVG1 INCOMPARABILI

Elle est avoisinée de l’inscription d’une Clodia Ispes, affranchie de ce L. Clodius Crescens. Sans rappeler ici la Claudia de saint Paul, rien n’est donc plus assuré que l’existence d’un Clodius chrétien à l’époque où nous sommes arrivé dans nos récits. La découverte de cette inscription frappa tellement le savant Marini, qu’il voulut descendre dans la catacombc de la voie Nomentane, afin de la reconnaître par lui-même. Nous avons donné plus haut les motifs qui nous inclinaient à rattacher saint Clément à la famille Claudia. Notre inscription fournit une preuve incontestable que cette illustre famille n’a pas été sans donner de bonne heure quelques-uns de scs membres au christianisme. Il n’est pas besoin d’ajouter que le nom de cette gens s’écrivait indifféremment Claudius et Clodius, ainsi qu’en font foi les inscriptions les plus authentiques.

Parmi les noms qui se lisent sur les épitaphes du groupe dont nous parlons, nous noterons les suivants qui ne sont pas sans valeur dans l’ancienne Rome: L. Furius Ur..., Q. Memmius Félix, C. Munatius Octavianus, Claudius Atticianus, ,..ius Rufinus, Tullia Paulina, Ulpia Agrippina, Vibia Attica.

Le cimetière de Priscille, dans la région que M. de Rossi a reconnue pour être le centre où se trouvaient les tombeaux des Pudens, offre aussi une famille d’inscriptions qui remontent, comme celles du cimetière Ostrianum, à l’origine du christianisme dans Rome. Là aussi, les noms sont posés avec une modestie remarquable. Le style de l’épigraphie chrétienne, qui commence à se caractériser vers le milieu du deuxième siècle, n’apparaît pas encore. Sur une seule tombe, on lit: In pace; mais sur un grand nombre est écrit Pax tecum, ou Pax tibi : l'ancre et la palme accompagnent souvent le nom. A la différence des inscriptions du cimetière Ostrianum qui sont la plupart gravées sur le marbre, celles de cette région du cimetière de Priscille sont simplement peintes en minium sur les tuiles qui ferment les loculi. Nous devons ajouter cependant que M. de Rossi a découvert, dans cette crypte même, un marbre ayant les trois noms : Titus Flavius Felicissimus. 11 est impossible de ne pas reconnaître ici un nouveau membre chrétien de la gens Flavia. Avant d’entrer dans l’ère des Antonins, sous laquelle l’architecture et l’épigraphie chrétienne prirent un nouvel essor dans les catacombes, nous avons cru devoir au lecteur ce coup d’œil rapide sur leur état primitif. Nous parlerons plus tard des peintures classiques qui formèrent dans ces premiers jours de Rome souterraine l’ornementation des salles funéraires.

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