DESTINÉE DU PATRICIAT ROMAIN
fut la célèbre Cornclie , femme de T. Sempronius et mère des Gracques.
L’alliance avec les Catcilii avait manqué jusque-là aux Cornelii. Elle eut lieu dans les derniers temps de la république, en la personne de l'arrièrepetit-fils de Scipion Nasica, qui, adopté par les Metelli, s’appela désormais Q. Gecilius Metellus Scipion. C’est en celui-ci que devait s’arrêter le rôle politique de ces deux grandes races. Par elles. Home avait soumis le monde; mais l'Empire était à la veille de commencer. Q. Cæcilius Metellus Scipion lutta jusqu’à la fin contre la fortune de César , et devint le chef du parti de Pompée. Après Pharsale , il fut le bras de la réaction armée qui se déclarait sur la côte africaine ; Petreius et Caton combattirent sous ses ordres; mais c’en était fait de l’ancienne Rome , et le noble chef qui représentait à la fois les Cornelii et les Ciecilii périt dans la sanglante défaite de Thapsus.
C’est maintenant sur un autre théâtre qu’il nous faudra chercher ces grands noms. Sous l’empire des Césars, qui doit marcher par des hommes nouveaux, et surtout par des affranchis, nous ne saurons plus qu’il est encore des Cornelii que par les fastes consulaires sur lesquels une sorte de décence semble exiger que leur nom paraisse de temps à autre. Malgré cet effacement , qui leur est commun a\cc les descendants des autres familles illustres , quelques-uns de leurs membres s’enrôleront volontairement sous les drapeaux ; ils y occuperont quelque grade subalterne , mais l’histoire ne nous les montrera plus chargés d’un commandement supérieur. C’est dans ces conditions que nous apparaît à Césaréc de Palestine, vers l’an 38 de 1ère chrétienne, un Cornélius, simple centurion de la cohorte Italique.
On sait que dès le temps d’Auguste l'inertie et le dégoût des camps s’étaient déjà emparés à tel point des Romains dégénérés, que ce prince, après des efforts inouïs, sévit contraint d’exempter Rome et l'Italie du service militaire ; en sorte que désormais les légions romaines ne se recrutèrent plus que dans les provinces. Les rares citoyens de Rome que l’honneur de leur nom sollicitait encore à ne pas décliner la gloire des armes, et qui dédaignèrent cette immunité honteuse, formèrent, en dehors des légions, des cohortes de volontaires commandées par un tribun et des centurions. Ces cohortes, qui furent lentes à se compléter et dont la première fondée paraît avoir été celle qui résidait en ce moment à Césarée de Palestine, finirent par s’élever au nombre de trente-deux. On les trouve désignées sur les monu-
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