‹ Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers sièclesChapitre 8 sur 113 · I.A SOCIÉTÉ ROMAINE · texte numérisé non relu

I.A SOCIÉTÉ ROMAINE

ments épigraphiques par un nom qui rappelle leur mode de recrutement : Cohors italien, Cohors civium romanorum voluntariorum, Cohors italicorum voluntariorum , Cohors ingenuorum cit'ium romanorum (Borchesi. Œuvres épigraphiques, t. II). Composées de ce que Rome possédait encore de citoyens qui n’acceptaient pas les mœurs de la décadence, il n'y a pas lieu de s’étonner d’y rencontrer un Cornélius.

Cet officier , que les Actes des Apôtres nous font connaître , avait à Césarée un état de maison comme il convenait à un personnage de distinction. Quant à sa vie, elle était celle d’un de ces gentils qui, ne s’étant pas laissé envahir par les dégradations du paganisme, s’élevaient à Dieu, n qui veut le salut de tous les hommes » (I Tint., u), etaouvert à chacun une voie qui, s'il ne la méprise pas, doit le conduire au bonheur éternel. L’héritier des Cornelii se sentait attiré d’en haut par un instinct divin. Son séjour dans un pays et au milieu d’une race chez laquelle régnait le monothéisme, l’occasion d'entendre sans cesse parler du vrai Dieu et des Ecritures inspirées par son Esprit, ouvrirent de plus en plus son cœur à la piété. Ses prières étaient fréquentes, il répandait d’abondantes aumônes, et s’était acquis l’estime et la reconnaissance des juifs de Césarée. Sa bonté et ses vertus avaient amené les gens de sa maison à suivre ses exemples, et , même parmi ses soldats , il s’en trouvait qui subissaient son influence.

Le moment arriva où Dieu voulut manifester à quel point les mérites de ce Romain lui étaient agréables. Un ange apparaît à Cornélius, et lui donne l’ordre d'envoyer chercher à Joppé un homme appelé Simon et surnommé Pierre (fig. i ), et de se rendre à tout ce que lui dira cet homme. Cornélius députe aussitôt à Joppé deux desgensde sa maison avec un soldat romain qui conformait sa vie aux çxcmplcs de son chef. Comme ils étaient en route, Dieu envoie à Pierre une vision mystérieuse , dont l’effet devait être de le disposer à l’événement qui se préparait. Arrivé à Césarée, l’apôtre voit venir à lui le centurion, qu’un instinct supérieur précipite à ses pieds. Jérusalem et Rome sont en présence. Le juif relève avec empressement l’héritier des Cornelii , et lui adresse cette solennelle parole : « Dieu m’a fait voir que l’on ne doit plus traiter aucun homme d'impur ni de profane. » (,4c/., I, x.)

Le Romain prend alors la parole , et raconte avec une noble simplicité l'apparition de l’ange qui est venu le visiter. Il exprime à l’apôtre une vive

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