‹ Sainte ClotildeChapitre 4 sur 18 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

main, pour ainsi dire, de sa mort. Apparemment elle avait pour cela d'assez bonnes raisons, et pour infirmer son jugement il faudrait en avoir de meilleures qu'elle. Si mes censeurs en pos sèdent, je leur saurai gré de les produire, et je les discuterai consciencieusement. En attendant, ils ne pourront guère contester que l'opinion de l'Éfflise sur la sainteté de Clotilde soit confirmée par une double catégorie de preuves historiques, les unes positives, les autres négatives. Les positives, ce sont les souvenirs tout chauds encore recueillis par Grégoire de Tours parmi les populations qui avaient été témoins des vertus et des soufFrances de Clotilde ; il ne saurait y en avoir déplus sincères, ni de plus probantes. Les négatives, ce sont les légendes mêmes qui autrefois défiguraient la mémoire de la sainte, et dont aucun de mes contradicteurs — j'entends ceux qui sont au courant de la méthode historique — ne s'aviserait de défendre la valeur documentaire. Il faudra donc bien qu'on se résigne dans certains milieux — si dur que cela paraisse — à inscrire une âme de plus au nombre des âmes hautes et pures qui ont glorifié l'Eglise catholique et honoré le genre humain. C'est cette âme que j'ai étudiée et que j'ai essayé de peindre dans sa vie intime, considérant que le profit le plus

Page 1