IV PREFACE
clair et la tâche la plus élevée de l'hagiographie consistent précisément à contempler dans leur beauté intérieure les natures privilégiées qui sont marquées du cachet de la sainteté. J'ai dû pour cela, étant donné l'état de mes sources, recourir plus d'une fois à la méthode inductive, et reconstituer certains aspects du sujet en m'appuyant sur la constance des lois psychologiques. Ai-je dépassé la limite de ce qui est permis à l'historien, et, parce que j'ai procédé comme l'archéologue qui, de par un canon esthétique, refait les membres brisés d'une statue, ai-je mérité le reproche d'abuser de l'hypothèse ? Je dois croire que non, si je m'en rapporte à des maîtres dont le témoignage avait pour moi la plus haute importance. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans \ç,s,AnalectaBollandiana^à.oirx\\o\x\\e monde connaît la critique à la fois ferme et circonspecte. « Sans doute, M. Kurth a dû, bien des fois, suppléer par des conjectures aux lacunes des maigres documents contemporains. Mais il apporte à ce procédé tant de finesse, de prudence et de loyauté scientifique, qu'on ne peut guère song^er à lui en faire un grief '. »
Un témoignage plus explicite encore est celui
I, Analecta Bollandiana, t. XVI {1897), p. 187.